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Poulaillon toujours sur le chemin de la croissance

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Fort d’une croissance annuelle moyenne de ses ventes à deux chiffres sur les huit dernières années, le groupe Poulaillon poursuit son expansion sur ses trois pôles d’activité. Avec un endettement bien maîtrisé, le groupe continue de regarder les opportunités qui se présentent sur ses marchés.

Le boulanger Poulaillon, également présent dans la restauration rapide et propriétaire de l’eau minérale de Velleminfroy, semble bien parti pour atteindre ses objectifs à moyen terme. Le groupe qui vise un chiffre d’affaires de 100 millions d’euros d’ici trois ans, c’est-à-dire pour son exercice clos le 30 septembre 2022, vient d’annoncer un chiffre d’affaires de 81,2 millions d’euros sur son exercice 2018/2019, en croissance de 10,7 % sur la même période de l’exercice précédent. Sur les huit dernières années, Poulaillon affiche une croissance annuelle moyenne de ses ventes de plus de 11 %.

Sur son dernier exercice 2018/2019, cette croissance à deux chiffres a été observée dans les trois pôles d’activité du groupe. À noter que le chiffre d’affaires généré par l’activité Eaux, incluant celles réalisées dans les points de vente du groupe, s’élève à 2 millions d’euros sur l’exercice passé, marquant une progression de 52,3 % sur un an. De bons chiffres qui reflètent pourtant un retard dans les objectifs de Poulaillon. « Le développement du marché de l’eau est moins rapide que ce que nous avions prévu initialement. Nous sommes à présent depuis trois ans sur le marché de l’eau avec notre nouvelle marque Velleminfroy. Nous faisons face à deux grands acteurs historiques qui ont des marques centenaires sur le marché de l’eau minérale, mais nous avançons bien à l’export, confie Thierry Mysliwiec, le directeur administratif et financier de Poulaillon. Il faut souligner que notre eau de Velleminfroy est la seule eau en France à avoir un positionnement santé, positionnement qui nous permet d’exister, nous le revendiquons ».

Une activité Eau en développement à l’international

En Allemagne, « notre dossier de référencement auprès du Deutsche Pfandsystem Gmbh (le DPG est l’organisme de gestion des emballages outre-Rhin, ndlr) est à présent agréé. Les bouteilles seront consignées à 25 centimes d’euro ». Et après la Slovaquie et la Chine, « le groupe a signé un contrat avec un importateur de Djeddah en Arabie Saoudite ». Celui-ci porte sur un volume de 100 containers sur 5 ans, représentant 5 millions de bouteilles de Velleminfroy. « Et d’autres pays suivront », ajoute le DAF. Poulaillon compte d’ailleurs sur ces développements à l’international dans l’eau pour « activement contribuer à l’équilibre en 2020 » de cette division, toujours déficitaire.

Après plusieurs années de travail jusqu’à obtenir les autorisations d’exploitation, la commercialisation de l’eau minérale de Velleminfroy (Haute-Saône) a démarré en 2017. Sur les comptes des six premiers mois de l’exercice 2018/2019 publié en mars dernier par le groupe Poulaillon, la branche Eau affichait un résultat d’exploitation certes en amélioration, mais toujours négatif à hauteur de 795 000 euros (contre une perte de 825 000 euros à la même période de 2017/2018, et de 1,33 million d'euros sur l’exercice clos en septembre 2018).

« Vu le développement à l’international et les marchés visés, nous allons dans le bon sens, mais le pôle Eau n’a pas encore atteint le point mort, ce développement rentre dans l’objectif de pouvoir atteindre l’équilibre en 2020 ou 2021 », souligne le DAF.

Un retard dans les objectifs du pôle Eau qui n’a cependant pas empêché le groupe d’afficher de belles performances globales sur les six premiers mois de cet exercice 2018/2019. Son résultat d’exploitation affiche en effet une croissance de 33,6 % à 1,7 million d’euros, pour un chiffre d’affaires en hausse de 8 % à 40,7 millions d’euros. De quoi permettre à la marge d’exploitation de passer en un an de 3,4 % à 4,2 %.

Un bilan maîtrisé

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À noter qu’aujourd’hui, l’export en valeur avec l’eau de Velleminfroy représente moins de 10 % des ventes de ce pôle. « L’objectif est d’atteindre une part prépondérante et fortement croissante. Et pourquoi pas envisager dans un second temps de commercialiser d’autres produits du groupe hors de nos frontières », souligne Thierry Mysliwiec.

Pour asseoir le développement de Poulaillon, « nous continuons de regarder ce qui se présente sur nos marchés, qu’il s’agisse d’un site de production industriel supplémentaire, comme nous l’avions fait avec l’acquisition du site de Saint-Vit, ou d’un réseau de magasins. Après deux opérations de croissance externe en 2017 (1) et une en 2019, notre endettement net est plutôt stabilisé à la baisse, avec un gearing sous contrôle et assez bien maîtrisé », indique le directeur administratif et financier. Au premier semestre, l’endettement net de l’entreprise, en repli sur un an, s’élevait à 26 millions d’euros, pour des fonds propres en amélioration également sur un an à 23,47 millions d’euros. De fait, au 31 mars 2019, le ratio endettement net sur fonds propres de Poulaillon était en baisse à 110,8 %, contre 121,5 % au 31 mars 2018 et 113,2 % au 31 septembre 2018. Si aucun projet d’appel à l’épargne publique n’est prévu actuellement, la société ne se l’interdira pas.

E">(1) En 2017, Poulaillon a acquis le site de Saint-Vit (Doubs), une filiale de Dijon Céréales et 6 points de vente du groupe de confiserie mulhousien Faller pour les transformer en enseignes Poulaillon.

 

"Notre Eau de Velleminfroy est la seule eau en France à avoir un positionnement santé"

Un groupe familial très dynamique

Le groupe Poulaillon, à l’origine de la Moricette, une bretzel allongée garnie de charcuterie, devenue depuis 1973 une institution pour les Alsaciens, est essentiellement concentré sur quart nord-est de la France, avec un ancrage historique à Wittelsheim (54 points de vente). Plus de la moitié du chiffre d’affaires provient des magasins et le solde presque majoritairement de l’activité grands comptes, l’activité Eau représentant à peine 2 %. L’entreprise familiale, dirigée aujourd’hui par les enfants des fondateurs, est arrivée à la Bourse de Paris (Euronext Growth) fin 2015. La majorité de son capital est toujours entre les mains de la famille, avec un flottant de 23,6 %.

S’il compte de nombreux concurrents, Poulaillon est pourtant le seul boulanger industriel coté. Boulangeries Paul, Brioche Dorée, La Croissanterie, La Mie Câline, Pomme de Pain… ne sont pas cotés. Une introduction en Bourse que le groupe alsacien motivait autant comme « un accélérateur de croissance, qu’un activateur de notoriété », avait à l’époque confié Thierry Mysliwiec à Agra Alimentation (Agra Alimentation du 16 juin 2016).