LDC a annoncé qu’il va reprendre le dernier opérateur français du grand export, France Poultry (Finistère). Son objectif : construire un nouvel abattoir pour alimenter le marché français.
Une reprise et un investissement massif. C’est le projet « poulet » du leader français de la volaille (6,3 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 26 700 salariés) qui va reprendre, le 1er janvier 2027, France Poultry, dernier acteur français « Grand Export » (314 salariés) de poulets congelés vendus entiers et acheminés par bateau principalement vers le Moyen-Orient. Un abattoir neuf sera construit dans la foulée (mise en service prévue au premier trimestre 2028) pour 120 millions d’euros, toujours à Châteaulin, selon LDC. Dimensionné pour traiter 800 000 à 1 million de poulets par semaine avec 380 à 400 salariés, il aura pour mission « de répondre à la demande croissante en poulet origine France ».
Il aura fallu plusieurs mois de négociations entre les deux parties dans le cadre d’une procédure de conciliation conduite par le tribunal de commerce de Rennes pour parvenir à un accord le 24 février. Ce protocole prévoit que LDC achètera à son actionnaire saoudien, l’importateur de poulets Al Munajem la totalité des parts de France Poultry. En parallèle, LDC a pris dès le 11 mars une position majoritaire au capital de Yer Breizh, structure « amont » de France Poultry. Yer Breizh livre poussins d’un jour et aliment aux 110 éleveurs sous contrat qui fournissent les besoins en vif de France Poultry, actuellement de 230 000 poulets par jour.
L’Arabie en quête d’autonomie
France Poultry avait été créé en 2018 pour maintenir à flot l’écosystème du poulet Grand Export qui fut longtemps la chasse gardée de deux industriels français, les finistériens Doux (Châteaulin) et Tilly-Sabco (Guerlesquin). La suppression par l’Europe des restitutions à l’exportation en 2013 avait précipité leur chute. En 2018, France Poultry redémarrait sans aides européennes avec le soutien indéfectible de son actionnaire saoudien.
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Depuis deux ans, la pérennité de l’activité était en jeu, notamment parce que « l’Arabie Saoudite qui absorbe 80 % de notre production développe ses propres élevages de volailles », explique le président de France Poultry, François Le Fort. L’irruption de LDC dans la partie constitue « une excellente nouvelle », s’est félicité par le président de la Région Bretagne, Loïg Chesnais-Girard, le 26 février, soulignant l’adéquation avec « la demande des consommateurs français ».
France Poultry s’engage donc sur une dernière année d’activité à 100 % en poulet export avant de basculer progressivement sur les marchés français en 2027, puis en totalité en 2028 dans le nouvel abattoir. Celui-ci traitera des poulets de 2,3 à 2,4 kilos non alourdis, principalement pour la GMS. Les éleveurs de Yer Breizh devront faire leur aggiornamento pour adapter leurs bâtiments à la production de poulets en origine France. Leur production ne devrait pas suffire pour alimenter le nouvel abattoir.