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Aviculture Poulet grand export : les industriels « entrent dans le dur »

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Les dernières aides du plan de soutien exceptionnel à la filière grand export bretonne seront versées mi-juillet. La Confédération française de l'aviculture (CFA) appelle le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, à organiser une table ronde sur le sujet. « Les industriels entrent dans le dur », affirme Gilles Le Pottier, le délégué général du Cidef.

LA Confédération française de l'aviculture (CFA) appelle le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, à organiser sous son autorité une table ronde réunissant les acteurs de la filière poulet grand export, dans un communiqué du 21 mai. L'association spécialisée de la FNSEA s'inquiète de voir ,es « proportions catastrophiques » que prennent « les baisses de prix de reprise et des marges » et les « vides rallongés » chez les éleveurs, et les « baisses d'activité » chez les couvoirs et les organisations de production. « Nous entrons dans une zone de turbulences. C'est actuellement que les choses vont se décider », confirme Gilles Le Pottier, délégué général de l'interprofession de la viande de dinde (Cidef), qui met en œuvre le préfinancement du plan de soutien exceptionnel de 15 millions d'euros accordé à la filière poulet grand export par la Commission européenne en décembre dernier. Le versement des aides, qui devait durer un trimestre, a pris du retard. Il a débuté début mars, et seulement 60% des aides ont été versées à la mi-mai. Les derniers lots concernés par les aides devraient finalement sortir des bâtiments mi-juillet.

L'après-restitutions commence

C'est donc dans les prochaines semaines que les industriels du grand export vont aborder l'après-restitution. « C'est la zone charnière, ils vont entrer dans le dur. Jusqu'ici, il n'y a pas eu de gros mouvements », retrace Gilles Le Potter. En mars, les abattages français de poulets sont toujours en recul de 16% en nombre de têtes par rapport à 2013 (chiffres du ministère de l'Agriculture), depuis que l'entreprise Tilly-Sabco a réduit ses volumes d'abattage en octobre. « Les indicateurs nous indiquent qu'il n'y aura pas d'évolution notable de production d'ici fin juillet, prévoit le Cidef. Mais c'est maintenant que vont se faire les arbitrages ».

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Les premières mises en place de poussins «  non aidés » vont bientôt débuter. La situation sur les marchés du grand et moyen Orient est toujours aussi délicate. « Depuis le début de l'année, il y a une pression très forte des Brésiliens, qui profitent d'un réal très dévalué. C'est la guerre des prix », explique Pascale Magdeleine, économiste à l'Itavi.

Tilly-Sabco sans solutions

Chez Tilly-Sabco, le directeur, Daniel Sauvaget ne voit pas de solution pour échapper au désastre : « Malheureusement je ne sais pas encaisser l'arrêt brutal des restitutions. Pour maintenir la filière, il faut remettre un système de soutien en place. Il y a un gap structurel entre les coûts de production du Brésil et de l'Europe, déplore-t-il, fataliste. Ils ont 80% du marché grand export au Moyen-Orient, ils fixent les prix. Il ne faut pas imaginer que l'on peut se maintenir parce que le dollar va se redresser. Les Brésiliens protègeront ce marché en limitant leurs marges, afin de ne pas attirer de nouveaux concurrents ». De son côté, Coop de France croit en revanche à un avenir pour la filière grand export, sur des volumes plus limités et avec des éleveurs qui ne seraient plus spécialisés dans cette filière. « Il faut complètement réorganiser la filière », explique Jacques Poulet. La CFA plaide de son côté pour « la mise en place d'un mécanisme communautaire de soutien aux distorsions de concurrence comme les parités monétaires ».