Abonné

FNPF (producteurs de fruits) Pour une OCM s’appliquant à plus d’agriculteurs

- - 3 min

À quelques jours de son congrès qui se tiendra à Saint-Étienne les 28 et 29 janvier, la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF) demande à Paris et à Bruxelles une organisation commune de marché (OCM) s’appliquant à plus d’agriculteurs, a indiqué son président Pierre Banc le 21 janvier.

L’OCM est pour l’instant réservée aux organisations de producteurs (OP) c’est-à-dire aux entreprises, qu’elles soient privées ou coopératives. Or, de ce fait, un nombre croissant de producteurs de fruits français se trouvent à l’écart des actions collectives (appui technique, modernisation des vergers, actions contre les virus, assurance récolte et programmes environnementaux), parce que les OP s’effilochent depuis ces dernières années. Pierre Banc a donné plusieurs exemples d’effondrement des OP, dont un dans son département, la Drôme, où 14 000 tonnes de pêches-nectarines sur 80 000 « ont quitté » les OP. « Dans mon département, seulement 30% de la production de pêches-nectarines sont concernés par les actions collectives ». Au niveau national, « nous avons l’impression d’aller vers 40% seulement de producteurs représentés ». Pourtant, les professionnels ont tenté de restructurer l’offre en regroupant quatre coopératives fruitières en une seule. Mais cela ne suffit pas. La FNPF demande à Paris et aux services de la Commission européenne que l’accès aux bénéfices et aux contraintes de l’OCM soit étendu aux associations de producteurs.

Un besoin de structures

Or la profession a fortement besoin d’être structurée, selon M. Banc. D’abord, le manque de connaissance sur le nombre de producteurs, leur nombre d’hectares, leurs productions, est un sujet d’agacement à la FNPF, a dénoncé son président. Ensuite, la profession a plus que jamais besoin d’actions communes, face au poids la grande distribution. En outre, des écarts de coûts de revient et de compétitivité sont en train de se créer entre producteurs, pratiquement du simple au double. « On n’a pas fini de voir des arrachages » a confié M. Banc.

Restez au courant en temps réel !

Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.

assurance récolte
Suivi
Suivre
organisation commune de marché
Suivi
Suivre

Deux facteurs de compétitivité du secteur fruitier français seront examinés au congrès de Saint-Étienne : l’emploi saisonnier et la recherche variétale. L’emploi représente 40 à 50% des coûts de production en France, plus qu’en Espagne et qu’en Italie. L’entrée de dix nouveaux pays fait de ce thème un sujet majeur. La situation de la recherche variétale est préoccupante : la recherche « est en phase de régression ». M. Banc a évoqué des « échecs cuisants » de plantations de vergers avec des variétés inadaptées, suivies d’arrachages trois ou quatre ans après, pour le plus grand malheur des producteurs. Le président de la fédération appelle les pouvoirs publics à reconstituer la recherche variétale, cela au moment où l’Espagne a investi énormément dans de nouvelles plantations.

L’intervention d’Espagnols et de Polonais est prévue lors de ce 58 e congrès des producteurs de fruits. La venue d’Hervé Gaymard est prévue pour le 29 janvier après-midi.