Les conséquences de la crise aviaire sur les marchés avicoles commencent tout juste à s’estomper. Plus particulièrement touchés par la mévente, les producteurs de dinde font leurs comptes. Après une chute sévère des exportations de dinde, le marché commence à se relever, grâce à une demande nationale plus soutenue et à l’impact de la réduction des mises en production. Le Cidef, ou interprofession Dinde, analyse, dans son bulletin de fin septembre, les « vraies raisons d’une crise ».
Si toute l’aviculture a souffert de la crise aviaire, les producteurs de dindes ont le sentiment d’avoir souffert plus que les autres. À l’heure où le marché donne quelques signes de reprise, l’interprofession de la dinde (Cidef) a tenté de comprendre pourquoi ce secteur a davantage pâti que les autres.
D’une part, la désorganisation a été d’autant plus forte que la filière exporte une grande part de ses produits finis et de ses œufs à couver. Les pays clients (Allemagne, Belgique, Espagne, Italie…) ont, au moment de la crise, privilégié leur production nationale. Du coup, leur propre crise s’est, d’une certaine manière, répercutée sur la France. La capacité d’ajustement de celle-ci s’en est trouvée diminuée. Autre problème, la longueur du cycle de production, de l’ordre de 5 mois pour la dinde. La baisse des mises en place n’a donc commencé à produire ses effets que fin août. Le Cidef regrette que les pouvoirs publics n’aient pas voulu financer le retrait des œufs à couver, ce qui aurait permis d’anticiper la réduction de la production. Refus également d’indemniser le stockage des viandes, qui aurait limité les retards d’enlèvement auprès des élevages.
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Trop cher au détail
Plus en aval, l’interprofession dinde regrette que les grandes surfaces placent systématiquement la viande de dinde comme une viande plus cher que ses concurrentes, même le porc lorsque les cours sont élevés. En Allemagne, souligne le Cidef, le prix de vente au consommateur de la viande de dinde est inférieur à celui de la France de 2 euros le kilo. « Un différentiel qui ne s’explique nullement en raison de coût de production plus élevé en France » selon le Cidef. Enfin, selon l’interprofession, la prise en compte des pathologies de la dinde, comme l’histomonose, n’est pas vraiment prise en compte par les pouvoirs publics. C’est d’autant plus grave que l’UE a interdit « la dernière molécule efficace pour prévenir cette maladie. » Et de rappeler que l’interprofession a levé une somme de 430 000 euros pour des études devant déboucher sur une nouvelle approche de la maladie.