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Prairies : trop de fertilisation les rend « vulnérables » aux aléas climatiques

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D’après une étude de l’Inrae et du CNRS parue dans la revue Nature Ecology & Evolution (article payant), les prairies deviennent « fonctionnellement pauvres, hautement instables et vulnérables aux évènements climatiques extrêmes » quand elles reçoivent plus de 80 kg/ha d’azote par an. Une dose qui correspond à une intensité de pâturage de 500 UGB-jours/ha/an. D’après les chercheurs, la fertilisation commence à produire des effets dès le premier kilo d’azote : « Par rapport aux prairies naturelles non fertilisées […], ces prairies fertilisées sont moins diversifiées, mais le système reste stable et productif », selon un communiqué de l’Inrae. L’étude a porté sur des données obtenues entre 2008 et 2020 dans 150 prairies en Allemagne, « représentatives des prairies tempérées de l’Europe de l’Ouest ».

Avec la fertilisation, « les espèces prairiales perdent leur capacité à coexister », explique l’Inrae dans son communiqué, ce qui « dégrade de manière abrupte la diversité et le fonctionnement de ces prairies ». Dans le détail, les prairies recevant plus de 80 kg/ha d’azote « sont dominées par un nombre limité d’espèces aux traits fonctionnels similaires, incluant quelques graminées fourragères comme le ray-grass et des adventices des prairies comme le pissenlit ». Les scientifiques du CNRS et de l’Inrae « constatent également que l’intensification des pratiques agricoles n’augmente plus la production de biomasse végétale », ajoute l’institut de recherche dans le communiqué.

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D’après la dernière enquête d’Agreste sur les pratiques culturales, les prairies françaises ont reçu en 2017 une moyenne de 93,8 kg/ha/an d’azote pour les prairies temporaires et 46,2 kg/ha/an pour les prairies permanentes, avec d’importantes disparités.

« L’intensification des pratiques agricoles n’augmente plus la production »