D’accord, c’est l’avenir qui jugera : Sonne-t-on le tocsin trop fort ? Est-ce que l’État français et l’Europe en font trop ? Nos élus ont-ils envie de faire oublier des réalités prosaïques tristounettes (manque de croissance, chômage, malaise général des Français) et d’apparaître comme les sauveurs de la santé publique ? Est-ce pour faire oublier l’insouciance du temps du sang contaminé, la lenteur de réaction face à la vache folle ou encore la passivité gouvernementale lors de la grande canicule ?

Autant de questions qui ne trouveront leurs réponses que dans de nombreux mois. Mais il est permis de penser qu’à force de frapper si fort (en étant très bien relayé par les médias grand public), et d’appliquer avec une telle ampleur le principe de précaution, on risque de déclencher pas mal de dommages collatéraux.

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Principal risque : la panique. On imagine les réactions de la population si la moindre crainte se voyait confirmée : ruée sur des antiviraux type Tamiflu à l’efficacité, au demeurant, non démontrée ; psychose générale à l’égard de tout ce qui ressemble à des oiseaux ou a été en contact avec eux. D’ores et déjà, le risque est économique. La consommation de produits avicoles montre, ici ou là, des signes de faiblesse. Il serait étonnant que la consommation ne soit pas touchée par le syndrome grippe aviaire, même si tout observateur averti sait bien qu’il n’y a aucune chance d’attraper cette grippe par des aliments cuits. En tout cas, c’est la filière avicole qui risque de déguster, elle qui n’en demandait pas tant, et se trouve touchée par une crise sévère depuis plusieurs années. L’application du principe de précaution mériterait d’être entourée d’un peu plus de… précautions.