Une douzaine de ministres de l’Agriculture de l’UE ont une nouvelle fois demandé, lors de leur réunion à Luxembourg le 26 juin, à la Commission européenne de revoir les règles encadrant la gestion des populations de grands carnivores (loups et ours en premier lieu) dont le nombre a fortement augmenté au cours des dernières années. La Roumanie, à l’origine de l’initiative (soutenue notamment par la France, l’Italie, la Finlande et l’Autriche), souhaite que le statut du loup, notamment dans la directive Habitat, soit reclassé de l’annexe IV (statut de protection stricte) à l’annexe V (statut de protection simple).
« Les frontières nationales ne limitant pas les déplacements des grands carnivores, il est nécessaire de réévaluer le "statut de conservation favorable" des espèces sauvages grâce à un système de surveillance européen harmonisé et systématique, et de collecter des données précises et actualisées sur les populations de carnivores », précise la Roumanie dans sa note. Ce travail est en cours : « Nous sommes en train de mener une évaluation de la situation du loup en Europe (en prenant en compte tous les avis scientifiques) dont les résultats seront présentés d’ici la fin de l’année », a assuré le commissaire européen à l’Environnement Virginijus Sinkevicius. En attendant, il a rappelé que, dans le cadre de la directive Habitat, il existe « déjà des possibilités de dérogations ». Seule l’Allemagne s’est clairement prononcée contre le changement de statut juridique du loup, estimant que des mesures de coexistence et des aides suffisantes aux éleveurs devraient permettre de limiter les impacts négatifs causés par les grands carnivores. L’Espagne (où se trouve la deuxième plus importante population de loups de l’UE) a aussi estimé qu’il fallait être prudent et éviter au maximum d’en arriver à des abattages de loups.
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Plusieurs pays (France, Espagne, Pologne, Hongrie, Croatie) demandent également des fonds supplémentaires en dehors du budget de la Pac pour compenser les pertes de bétail.