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Premier déplacement agricole de Yannick Jadot

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Pour son premier déplacement agricole en tant que candidat à la présidentielle, Yannick Jadot s’est rendu le 30 novembre en Indre-et-Loire pour évoquer le bio et la restauration collective chez un exploitant qui ne semblait rien attendre de la présidentielle.

Entre les rangs de radis et de salade qui poussent sous la serre, le candidat écologiste s’agace une nouvelle fois du manque de résultat des aides de la Pac. « Avec treize milliards d’euros d’aide publique aujourd’hui, vous avez 40 % des paysans qui vivent avec moins de 350 € par mois (1), et un suicide tous les jours ou tous les deux jours. Ce système est inacceptable et nous voulons le réorienter vers la qualité », assure Yannick Jadot aux caméras qui l’accompagnent.

Ce 29 novembre, pour son premier déplacement agricole, l’écologiste a choisi une exploitation maraîchère bio de 8 ha à Saint-Genouph, en Indre-et-Loire. Objectif : insister sur l’augmentation qu’il propose de la part de produits bio et locaux en restauration collective pour atteindre 100 %, « afin que nos enfants, nos aînés et nos malades mangent bien ». Une ambition plus élevée que les 50 % prévu par la loi Egalim qui pourrait être atteinte, selon le candidat, en réaffectant 30 % des aides Pac « à des contrats de transition agricole et alimentaire passés avec les paysans ».

Autour de lui, piétinant dans les allées de terre battue de la serre, plusieurs édiles écologistes acquiescent. Comme l’ex-président de Biocoop, et désormais eurodéputé EELV, Claude Gruffat : « Ce qui manque, c’est de regrouper l’offre. Nous devons mettre en place des coopératives alimentaires territoriales, en réaménageant le statut de la coopération. » Local de l’étape, le maire de Tours Emmanuel Denis complète : « Il faut modifier le code des marchés publics, qui nous empêche aujourd’hui de privilégier ces produits locaux. »

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Charge sur la HVE

Avant d’aller saluer les deux ouvriers travaillant au bout du rang, Yannick Jadot lâche un dernier tacle à l’attention de Julien Denormandie. « Ce gouvernement fait semblant d’aider la bio, pour soutenir avant tout ses amis de la FNSEA et de l’agro-industrie. » Dans son viseur, une nouvelle fois : les soutiens accordés à la HVE. Un outil utilisé selon lui pour « sacrifier la bio et détourner l’argent vers le conventionnel ». Les journalistes n’insistent pas, et la troupe se dirige vers l’atelier où l’exploitante Stéphanie Hue transforme les légumes abimés en soupe et autres purées.

Son compagnon, Stéphane Picou, se tient à la porte. Vendant aujourd’hui la plupart de ses productions sur les marchés, il l’assure aux élus présents : il est « prêt » pour vendre aux collectivités. Mais celui qui se définit avant tout comme « chef d’entreprise » peine à croire que l’élection à venir améliorera sa situation. « On se sent seuls. Et quel que soit le prochain président, ça n’y changera pas grand-chose. » Seule certitude : à court terme, il perdra les 600 €/ha qu’il recevait jusqu’ici au titre de l’aide au maintien.

Atteindre 100 % de bio en restauration collective