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Première sortie de Genevard au Sommet, annonces partielles sur la FCO

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Pour son premier déplacement, le 3 octobre au Sommet de l’élevage, Annie Genevard a étendu à toute la France la vaccination contre la FCO-3, laissant à Michel Barnier le soin d’annoncer le montant des indemnisations le lendemain. La nouvelle ministre de l’Agriculture a aussi assuré que les engagements du précédent exécutif seront tenus en matière d'élevage.

« J’ai décidé que la vaccination gratuite [contre la FCO-3, fièvre catarrhale ovine de sérotype 3] sera ouverte à toute la France pour la filière ovine », a annoncé la ministre de l’Agriculture Annie Genevard le 3 octobre dans son discours au Sommet de l’élevage. « Nous avons les stocks de vaccins nécessaires », a-t-elle assuré. Démarrée le 12 août, une semaine après l’apparition dans l’Hexagone de ce sérotype exotique, la campagne de vaccination volontaire visait jusque-là environ les trois quarts du pays (nord et ouest).

Concernant le sérotype 8, pour lequel certains vaccins sont en rupture, la nouvelle ministre a indiqué qu’elle s’entretiendra le 7 octobre avec son homologue espagnol pour « parer à la pénurie de vaccins », tout en faisant « pression sur tous les laboratoires susceptibles de relancer la production de vaccins ». Pour la FCO-8, endémique, la vaccination est à la charge des éleveurs ; le précédent ministre de l’Agriculture s’était toutefois engagé à commander des vaccins pour leur compte.

Pas de nouvelles doses contre la MHE

En revanche, au grand dam des éleveurs, Mme Genevard n’a pas évoqué de commande de nouvelles doses de vaccins contre la maladie hémorragique épizootique (MHE). Son prédécesseur Marc Fesneau avait lancé une campagne de vaccination volontaire dans une « bande tampon » autour de la zone réglementée, dans l’espoir d’endiguer la maladie. Les représentants des éleveurs, eux, demandaient des vaccins gratuits pour la MHE et la FCO-8, pour l’ensemble des éleveurs français.

Comme attendu, Mme Genevard a annoncé un « fonds d’urgence qui permettra d’indemniser les éleveurs touchés [par la FCO-3] pour leurs pertes directes ». Des aides d’État dont « l’enveloppe sera annoncée par le Premier ministre », attendu au Sommet le lendemain. Pour les pertes dues à la FCO-8 et à la MHE, les programmes du FMSE (fonds professionnel), abondés à 65 % par l’État, « sont désormais validés jusqu’à la fin de l’année », alors qu’ils devaient s’arrêter en août. Une mesure, là aussi, déjà annoncée dans son principe par Marc Fesneau. Le 18 septembre, le président de la FNSEA avait estimé qu’« il va falloir entre 100 et 150 millions » pour la FCO et le seul cheptel ovin. « La situation des trésoreries est extrêmement dégradée », avait aussi souligné Mme Genevard devant les députés le 2 octobre, évoquant une « mortalité en moyenne de 20 % ».

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Une visite très attendue, mais sans heurt

La nouvelle locataire de la Rue de Varenne a aussi « demandé officiellement à la Commission européenne que la France puisse bénéficier de la réserve de crise européenne ». Un mécanisme qui ne sera pas disponible « dans le meilleur des cas avant quatre ou cinq mois », prévenait le président de la FNSEA, Arnaud Rousseau, lors du congrès de la FNO en septembre.

Alors que les éleveurs sont empêtrés dans de multiples crises sanitaires, Annie Genevard se savait attendue de pied ferme à Cournon. Sa première visite au contact des agriculteurs s’est toutefois déroulée sans heurt. « Cette crise sanitaire, j’y ai consacré quasiment l’essentiel de cette première semaine » en tant que ministre, avait-elle confié le 2 octobre lors des questions au gouvernement, à l’Assemblée. « Peu de ministres de l’Agriculture avant moi ont fait leurs premiers pas dans un contexte de crise aussi généralisé », a-t-elle encore lancé à Cournon. Moisson catastrophique, crise viticole : au-delà de l’élevage, « c’est la quasi-totalité de l’agriculture qui est en crise aujourd’hui ».

Lactalis convoqué Rue de Varenne

Les producteurs laitiers ne sont pas épargnés : quelques jours après la nomination de la nouvelle ministre, Lactalis annonçait son projet de réduire sa collecte de 8 %, privant plusieurs centaines d’éleveurs de débouché. « Je recevrai dans les jours à venir tous les industriels laitiers, et en tout premier lieu le président de Lactalis », a indiqué Mme Genevard. Son intention : « Dire très clairement qu’aucun éleveur ne peut être laissé sur le bord du chemin par la conséquence de décisions industrielles privées. »

Au-delà de la conjoncture, Annie Genevard s’est employée à rassurer les professionnels sur le plus long terme. Le gouvernement Barnier « sera au rendez-vous des engagements pris pour l’élevage […] par le précédent gouvernement », a-t-elle. En particulier, « le projet de budget intègrera bien un nouvel avantage fiscal et social pour lutter contre la décapitalisation du cheptel bovin », annoncé par Bruno Le Maire un an plus tôt. Cette « mesure fiscale » destinée à effacer l’effet de l’inflation sur le cheptel souche représente « un effort exceptionnel de 150 M€ », a rappelé la ministre. Également annoncé au Sommet de l’élevage en 2023, le plan de souveraineté pour l’élevage « continuera son déploiement ». Quelques mois plus tard, les manifestations hivernales avaient poussé le gouvernement a présenter, fin février, une version complétée de ce plan.

La France demande à « bénéficier de la réserve de crise européenne »

Le gouvernement « sera au rendez-vous des engagements pris pour l’élevage »