Dans une lettre ouverte adressée aux candidats à l’élection présidentielle le 25 janvier, et signée par son président Pierre Thomas, le Mouvement des exploitants familiaux (Modef) appelle à « stopper l’hémorragie » dont l’agriculture est victime. « Globalement, l’agriculture familiale va très mal », assène le syndicat minoritaire en citant les chiffres « catastrophiques » du recensement agricole (-100 000 exploitations en dix ans), le recul accru du nombre d’installations en 2020 (-6,7 % selon la MSA), l’exposition aux aléas climatiques et sanitaires, la problématique du suicide et la « faiblesse » des revenus. « Les logiques libérales ont favorisé la rente au détriment de la rémunération du travail des exploitants et ont également conduit à une spécialisation des productions et à une réduction continue du nombre d’exploitations », dénonce le syndicat.
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Face à « l’inefficacité » de la loi Egalim 1 et convaincu que « Egalim 2 n’aura pas plus d’effets positifs pour les exploitants », le Modef demande aux candidats d’instaurer « des prix garantis par l’État, d’encadrer les marges et les pratiques de la grande distribution et [de] maîtriser les productions agricoles sur le marché intérieur. » Le Modef demande aussi le « retrait » du projet de loi visant à généraliser l’assurance multirisques climatiques (assurance récolte). « Le gouvernement souhaite abaisser progressivement le niveau de garantie publique pour assurer le développement de l’assurance privée », déplore le syndicat minoritaire. À la place de cette réforme, il préconise de créer « une caisse mutualiste aléas climatiques et sanitaires prenant en compte l’ensemble des acteurs économiques encadrés par l’État ».