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Présidentielle : le programme agricole de Le Pen

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La candidate du Rassemblement national a choisi de présenter le volet agricole de son programme sur le Salon de l’agriculture. Elle propose de renforcer l’intervention publique nationale dans de nombreux domaines (relations commerciales, foncier, commerce international…).

À la veille de la venue de Marine Le Pen au Salon de l’agriculture, son équipe de campagne a diffusé le volet agricole de son programme, le 1er mars. En préambule de ce document, la candidate place l’agriculture française face à une « triple menace » : celle d’une « politique environnementale déconnectée des réalités », symbolisée par la stratégie européenne de la Ferme à la table, une « concurrence exacerbée » par le « dogme du libre-échange » et une « dérive administrative ». Alors que se closent les négociations commerciales 2022, Marine Le Pen veut « modifier » les dispositifs Egalim, pour « permettre l’intervention de l’État dans l’élaboration des indices utilisés pour fixer des prix minimums tenant compte des variations des prix des matières premières agricoles ».

Sur l’artificialisation des sols, elle propose de « mettre fin aux projets éoliens et solaires au sol, à l’exception de l’outre-mer », et d'« interdire […] l’utilisation de terres agricoles pour des projets d’urbanisation, sauf dérogations accordées par les préfets, afin de favoriser en priorité l’utilisation des friches commerciales et industrielles ». En matière de foncier, elle veut « s’opposer à l’accaparement des terres agricoles par des groupes étrangers », ou « pour des activités non agricoles » ou « à des fins financières ».

Opposition à Farm to fork

Concernant les politiques agricoles européennes, Marine Le Pen affirme qu’elle « s’opposera résolument » à la stratégie de la Ferme à la table (Farm to fork) et annonce que les aides Pac seront complétées par des dispositifs nationaux » compatibles avec le cadre des aides dites de minimis. Dans ces enveloppes, une « attention particulière » sera donnée « à l’élevage, à la production de protéines végétales, au maraîchage et à l’arboriculture. » Un « plan de soutien » spécifique à la bio, d’une durée de « cinq ans », est promis, sans précision concernant le montant.

Le soutien à la bio passe aussi, pour Marine Le Pen, par les cantines, avec une démarche qui la distingue de ses concurrents. L’accès au bio dans les cantines scolaires sera réservé aux produits français. Elle souhaite par ailleurs atteindre 80 % de produits français dans la restauration collective – le niveau actuel n’avait pas été précisé dans un récent rapport parlementaire faisant le point sur l’atteinte des objectifs d’approvisionnement de qualité fixés par la loi Egalim.

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En matière de commerce international, la candidate RN promet qu’elle mettra fin à l’application provisoire du Ceta (accord avec le Canada) et qu’elle « s’opposera à la poursuite des négociations » avec l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Mercosur. Elle se dit par ailleurs ouverte à des accords sectoriels, incluant des clauses miroirs. En matière de contrôle des produits importés, elle propose par ailleurs d’interdire l’accès au marché français aux pays dont les produits seraient sujets à des « manquements répétés ». Toujours sur le même thème, elle interdirait enfin l’importation de matières agricoles hors UE « destinées à produire de l’énergie ».

En matière de gestion des risques, Marine Le Pen ne renverse pas la table. Elle propose de « réorganiser le système d’assurance, afin de le rendre réellement accessible ». De même, concernant les produits phytosanitaires, elle propose que leur interdiction ne puisse se faire « sans solution équivalente et économiquement soutenable ». Elle se distingue en proposant une « indemnisation intégrale » des Zones de non-traitement (ZNT).

Concernant le bien-être animal, le Rassemblement national veut soutenir l’augmentation du « nombre d’abattoirs de proximité et d’unités mobiles ». Sur l’abattage rituel, elle promet la création d’un « nouveau cadre juridique généralisant progressivement l’étourdissement réversible ». Obligatoire pour seulement quelques produits, elle propose que la mention d’origine soit étendue « à tous les produits distribués en France ». Enfin Marine Le Pen souhaite « augmenter les volumes destinés à l’aide alimentaire des plus démunis », sans préciser les montants induits.

Une « indemnisation intégrale » des Zones de non-traitement (ZNT)