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Prix alimentaires mondiaux : nouveau record en mars et craintes pour la suite

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Après un premier record atteint au mois de février, les prix des produits alimentaire mondiaux estimés par la FAO ont encore atteint un sommet au mois de mars avec une nouvelle hausse de plus de 12 %. Conséquence de l’invasion russe de l’Ukraine, cette envolée touche toutes les matières premières et en particulier les céréales et huiles végétales. Le directeur général de la FAO craint que la tendance dure.

Les prix mondiaux des produits alimentaires ont atteint en mars un nouveau niveau record dépassant celui déjà enregistré au mois, selon l’indice publié le 8 avril par l’Organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Le précédent record datait de février 2011. En mars les prix ont bondi de 12,6 % portés principalement par l’envolée des cours des huiles végétales et des céréales suite à l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Les prix des huiles végétales ont progressé de 23,2 % tirés par la hausse des cours de l’huile de tournesol, dont le premier exportateur mondial est l’Ukraine. Et les prix des huiles de palme, de soja et de colza suivent la tendance.

Les prix des céréales ont enregistré pour leur part une hausse de 17,1 %. Les pertes d’exportations prévues dans la région de la mer Noire ont aggravé la situation déjà tendue de l’offre mondiale de blé dont les prix mondiaux ont augmenté de 19,7 %. Même situation pour le maïs dont les cours ont eux grimpé de 19,1 %. Cette « vigueur des marchés du maïs a eu des incidences sur les prix des autres céréales secondaires, ceux du sorgho augmentant de 17,3 %, tandis que les incertitudes concernant l’offre ont accru la pression sur les marchés déjà restreints de l’orge, dont les prix se sont envolés de 27,1 % depuis février », ajoute la FAO.

L’Indice des prix du sucre a progressé, pour sa part, de 6,7 % en un mois, ce qui compense les baisses récentes et le porte 20 % au-dessus de son niveau de mars 2021. Enfin, le prix de la viande a gagné 4,8 % en mars et a atteint son plus haut niveau jamais enregistré, principalement sous l’effet d’un sursaut des prix de la viande de porcin dû à une pénurie de porcs d’abattage en Europe de l’Ouest.

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Des inquiétudes à plus long terme

Le directeur général de la FAO, Qu Dongyu a exprimé, le 8 avril lors de la session du Conseil de la FAO, ses inquiétudes. « Les prix de l’énergie augmentant parallèlement à ceux des denrées alimentaires, le pouvoir d’achat des consommateurs vulnérables a encore diminué. Cette charge supplémentaire intervient à un moment où l’augmentation des dépenses de santé et les coûts de la lutte contre la pandémie grèvent déjà les budgets de nombreux gouvernements », alerte-t-il.

Et, à moyen terme, il craint que la hausse des prix des engrais entraîne une baisse de leur utilisation « la saison prochaine et peut-être au-delà, avec la perspective réelle d’une baisse de la productivité alimentaire entraînant des prix alimentaires encore plus élevés ». la grande différence par rapport à la crise alimentaire de 2008 est, selon lui, « qu’aujourd’hui, nous sommes confrontés au grand risque que notre saison de plantation de l’année prochaine soit radicalement affectée alors qu’en 2008, le choc était dû à une sécheresse et ne mettait pas en danger la prochaine saison de plantation ».