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Colloque Prochaine étape d’Ecophyto : consolider et diffuser

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Les réorientations du plan Ecophyto annoncées en octobre 2012 par Stéphane Le Foll avancent lentement. Le réseau de fermes de démonstration et d’expérimentation du plan de réduction des pesticides également. L’objectif aujourd’hui est de conforter les outils issus du plan. Et de gagner l’attention et la motivation d’un plus grand nombre d’agriculteurs.

«À ce stade nous n’avons pas le projet d’élargir le réseau de fermes Déphy, du plan Ecophyto, a confié Emmanuelle Soubeyran, chef de projet Ecophyto à la direction générale de l’alimentation. Ce qu’il faut, c’est d’abord le consolider et qu’il donne des résultats ». Emmanuelle Soubeyran s’exprimait en marge d’un colloque sur le plan Ecophyto organisé le 27 février au Salon international du machinisme agricole, à Paris (Sima) par le ministère et les chambres d’agriculture. L’ambition aujourd’hui est « de diffuser les idées, au delà des 1 900 producteurs qui participent à ce réseau d’expérimentation et de démonstration », a-t-elle poursuivi. Pour cela, le ministère entend pousser les démonstrations dans le réseau de fermes, et faire vivre l’outil mis en ligne il y a quelques semaines : EcophytoPIC, sur la protection intégrée des cultures.

Cap maintenu

Dans une allocution vidéo, Stéphane Le Foll a insisté : « Ecophyto avait un objectif ambitieux. Il faut rester sur cette ambition », celle qui vise à réduire de moitié « si possible » l’usage des pesticides en France. Et ce, malgré la suppression de l’échéance de « 2018 », généralement accolée au vocable « Ecophyto », au motif que l’objectif est intenable à cette échéance. Il faut « faire en sorte que ce réseau qui existe maintenant soit un élément (…) de diffusion des expériences », a poursuivi le ministre de l’Agriculture. Et d’ajouter : « Dans les débats à venir après la réforme de la Pac et de la préparation de la loi d’avenir, une place spécifique sera donnée à cet enjeu sur Ecophyto », qu’il inscrit dans son projet d’agro-écologie.
Le cap est maintenu, mais modulé : en octobre 2012, Stéphane Le Foll avait annoncé, à l’issue du Comité national d’orientation et de suivi du plan, que l’objectif national serait modifié par filières et par région. Ce travail « est engagé », assure le ministère, mais rien n’est encore arrêté.

De nouveaux indicateurs de risque et d’impact

L’avancée la plus tangible d’Ecophyto concerne plutôt les indicateurs : la réunion, le 14 février, du groupe de travail sur les indicateurs Ecophyto a permis de « valider les indicateurs de risque et d’impact pour les différents compartiments : air, eau, sols... », a confirmé Emmanuelle Soubeyran. Seuls les indicateurs portant sur la santé des utilisateurs ne sont pas encore tout à fait adoptés. Prochaine étape : au comité consultatif de gouvernance, prévu le 28 février, doivent être présentés les modalités de calcul de ces indicateurs. «  De sorte qu’au prochain Comité national d’orientation et de suivi, en octobre 2013, on puisse avoir des premiers résultats, poursuit Emmanuelle Soubeyran. Car l’idée est de recalculer ces indicateurs depuis 2008. »
Deux autres réflexions annoncées sont en cours : sur l’évolution du conseil et sur une fiscalité qui pousse davantage à réduire les pesticides. Deux missions ont été lancées dans ce sens. Le travail sur la fiscalité est par ailleurs intégré à la réflexion sur la fiscalité écologique en général, prévu dans le cadre du chantier de la transition écologique voulu par François Hollande. Fiscalité, le mot fait bondir Guy Vasseur, qui s’alarme : « Une fiscalité non pas incitative, mais punitive, pourrait plomber le plan Ecophyto lui-même ».
Pour Guy Vasseur, le travail a consisté jusqu’ici à rassembler un certain nombre de démarches et d’agriculteurs motivés. « Viendra le temps de l’appropriation par les agriculteurs, qui se fait sur un pas de temps plus long et à la condition qu’on puisse dire aux producteurs que telle ou telle solution fonctionne. » Mais, estime le président des chambres d’agriculture, « nous n’avons pas tout-à-fait le recul pour dire ce qui marche ». Pour lui, des efforts de recherche sont encore nécessaires. Il sont pourtant déjà nombreux : cette fin d’année ont été présentés les résultats d’une dizaine de projet Casdar retenus en 2007 qui peuvent éclairer les sujets liés à l’agro-écologie (sur l’introduction de protéagineux dans les rotations, les prairies permanentes, les systèmes de culture innovants). On peut aussi penser à un projet de l’Inra sur les freins et les leviers à la diversification des cultures en France. Outre la recherche, le monde agricole est bien passé à la page d’Ecophyto, comme l’ont montré les témoignages de professionnels lors de ce colloque au Sima.

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