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Brexit Producteurs et coopératives agricoles veulent le maintien du Royaume-Uni au sein du marché unique

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Un accord commercial complet qui maintienne le Royaume-Uni dans le marché unique et l’union douanière est fondamental pour permettre un libre-échange avec l’UE et pour minimiser les obstacles non-tarifaires au commerce. C’est le principal message de la prise de position que vient de prendre le Copa-Cogeca sur les négociations en cours sur le Brexit.

Étant donné l’intégration poussée du commerce, tous les pays de l’UE-27 seront touchés négativement par le Brexit, l’ampleur de l’impact augmentant avec la proximité économique du Royaume-Uni. Et les secteurs les plus probablement affectés sont les fruits et légumes, la viande bovine, la viande porcine, les produits laitiers et le vin. C’est ce que redoutent les agriculteurs et les coopératives européens et à leur tête, Joachim Rukwied, le président du Copa. Celui-ci estime crucial, dans le cadre des négociations sur le Brexit, « de minimiser toute perturbation des échanges commerciaux avec le Royaume-Uni et de s’assurer que les agriculteurs ne finissent par payer le prix du divorce avec les Britanniques ».

Producteurs et coopératives agricoles estiment que la logique économique voudrait que le Royaume-Uni reste dans le marché unique et l’union douanière selon les garanties obtenues. Cela permettrait de maintenir un commerce en franchise de droits avec l’UE et de minimiser les barrières non-tarifaires. Il s’agirait de l’« issue optimale » du processus de négociation pour le secteur agricole européen. Et si cette issue s’avérait toutefois impossible, l’UE et le Royaume-Uni devraient, à leurs yeux, négocier un nouvel arrangement douanier qui facilite autant que possible un commerce sans friction, tout en préservant l’intégrité du marché unique communautaire. Selon les garanties obtenues, les négociations du Brexit ne devraient pas être clôturées sans prévoir un commerce en franchise de droits entre l’UE et le Royaume-Uni, afin d’éviter l’application de droits de douane OMC restrictifs entre l’UE et le Royaume-Uni

Maintenir un budget fort pour la Pac

Côté financement, le Copa-Cogeca attend du gouvernement britannique qu'il honore ses engagements dans le cadre budgétaire actuel de l'UE, ainsi qu'envers les programmes auxquels il a souscrit et qui s'étendent au-delà de 2020. Les deux organisations considèrent que les discussions en cours au niveau de l’UE concernant l'avenir de l’Europe nécessitent un examen approfondi du futur financement du budget communautaire par les 27 États membres restants. Étant donné les incertitudes concernant les négociations sur un tarif douanier commun qui pourrait ne pas être appliqué par le Royaume-Uni, elles souhaitent que la Commission européenne prépare un projet de budget 2019 et 2020 avec la possibilité de mettre en œuvre des outils de gestion de crise (par exemple, le stockage privé pour le fromage, le beurre, la viande porcine et un fonds opérationnel pour les fruits et légumes).

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Période transitoire

Étant donné qu’un accord commercial bilatéral entre l’UE et le Royaume-Uni ne sera pas conclu d’ici mars 2019, le Copa et la Cogeca considèrent qu’une période transitoire sera essentielle pour éviter un scénario de sortie brutale et elle devra rester en place jusqu’au commencement d’un accord de partenariat UE/Royaume-Uni à long terme. Pour eux, il est indispensable de s’accorder dès que possible sur des arrangements commerciaux transitoires afin d’éliminer l’incertitude, le risque de perturbations du commerce et les coûts supplémentaires pour les agriculteurs et les coopératives agricoles d’Europe. Durant cette période de transition, le Royaume-Uni devra continuer à respecter les réglementations existantes de l’UE gouvernant la production alimentaire ainsi qu’à honorer ses engagements.

Une forte intégration au marché unique

Le Royaume-Uni est importateur net de produits agroalimentaires, pour une valeur de 57 milliards d’euros, et il est de plus bien intégré sur le marché unique. 60% des exportations agroalimentaires britanniques (viande bovine, agneau, volaille, produits laitiers et céréales), ce qui représente une valeur de 11 milliards de livres sterling (12,49 milliards d'euros) pour l'économie du Royaume-Uni, ont pour destination le marché communautaire. Le Royaume-Uni est en outre contributeur net au budget communautaire. Les exportations de l’UE-27 représentent en moyenne un total allant de 70 à 99 % de l’ensemble des importations du Royaume-Uni.