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Unip Producteurs et transformateurs peinent a trouver un intérêt aux pois

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Lors de sa journée « Le pois est là ! », à Rennes le 17 février, l’interprofession des protéagineux, l’Unip, a fait le bilan des moyens mis en place pour la relance de la culture du pois en France. Les attentes des différents acteurs de l’interprofession ont été exposées, de l’agriculteur à l’organisme stockeur, en passant par les transformateurs pour aboutir aux éleveurs.

«Les pouvoirs publics ont compris qu’il ne fallait pas laisser disparaître les protéagineux des assolements en France. Les avantages économiques et écologiques du pois, liés à la baisse des utilisations d’azote, et les besoins de l’élevage français en protéines végétales, dont 75% sont importés, ont incité à la relance des productions de pois », a déclaré Pierre Cuypers, président de l’Unip, lors de la journée « Le pois est là ! » à Rennes le 17 février. Selon lui, les récoltes de pois en 2010, première année de relance des productions, ont avoisiné les 1Mt. Pour le président de l’Unip, le pois sera un axe fort de la Pac après 2013 car il permet de réduire l’utilisation d’engrais azotés, et aussi de combler le déficit en protéines végétales de l’Europe.

Développer des volumes pour pérenniser le marché

« Le pois prend peu de place, comparativement au colza ou au blé, sur les assolements français », a fait remarquer Denis Courzadet, responsable collecte chez Axereal. Rappelant qu’un organisme stockeur (OS) se doit de pérenniser des filières, Denis Courzadet a expliqué que pour le moment la volatilité des cours en agriculture représentait une contrainte à l’intégration des pois dans les rotations. Pour trouver des débouchés aux pois, les volumes doivent être conséquents, relativement homogènes, et pour cela, la maîtrise des itinéraires techniques est nécessaire, ont rappelé les intervenants. Selon Denis Courzadet, les principaux points faibles de la production de pois sont la génétique « sur laquelle la recherche doit être relancée », la maîtrise des itinéraires techniques – « les cultures souffrent souvent de stress hydriques aux mois de mai ou de juin » – et la compétitivité par rapport aux autres cultures. En revanche, les pois ont l’avantage d’allonger les rotations et représentent de bonnes têtes d’assolements, en restituant de l’azote aux cultures suivantes. Enfin, Denis Courzadet a annoncé qu’une réflexion avait été lancée chez Axéréal afin de mettre en place, pour la récolte 2011, une gestion du risque inversée pour le pois, adossée à l’indicateur des prix de l’Unip, lui-même indexé sur le marché à terme du blé.

Les fabricants d’aliments ont des difficultés à intégrer le pois

« Lorsque les coopératives Cecab et Broons collectent 500 000t de céréales chaque année, les volumes de pois sont inférieurs à 5000t/an », a expliqué Hervé Vasseur, directeur d’Aliouest, filiale nutrition animale des coopératives citées. Selon lui, avant la réforme de la Pac de 1992, la consommation de pois par la nutrition animale en Bretagne était de 1Mt/an. « Mais depuis, les céréales ont pris le dessus dans la région, passant d’une incorporation de 2,2Mt en 1992 à 4,8Mt en 2010 », a souligné Hervé Vasseur. Il a aussi indiqué un retour en force des tourteaux de soja et de colza dans les formulations, en substitution du pois. « Aujourd’hui, les pois sont tombés à un taux d’incorporation inférieur à 1% dans les formulations d’aliments », a enfin signalé le directeur d’Aliouest. « Il est coûteux d’immobiliser une cellule de stockage si elle n’est pas remplie, ou si il y a des risques de rupture au niveau de l’approvisionnement », a fait valoir Hervé Vasseur, qui qualifie de « micro-matière première » le pois en l’état actuel des choses. Cependant, le directeur d’Aliouest a expliqué que le pois était présent en continu dans les formules depuis août 2010. Selon lui, « si les prix du pois baissaient de 10€/t, sa consommation doublerait ». D’ailleurs, Hervé Vasseur est favorable à l’incorporation du pois dans les rations en raison de sa bonne valorisation par les porcs et les poules pondeuses notamment. Enfin, le directeur d’Aliouest a expliqué que le pois pouvait être un substitut au soja, OGM ou non, selon les marchés visés par les producteurs, ou les règles d’affichage concernant les productions animales à terme.

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