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Produits laitiers : Pékin va revoir ses surtaxes pour l’UE à la baisse

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Les représentants de l’industrie laitière de l’UE révèlent que Pékin devrait réduire significativement ses surtaxes sur les importations européennes. Une décision toutefois insuffisante pour la compétitivité des exportateurs de l’UE. Bruxelles se dit prête à prendre toutes les mesures nécessaires pour défendre les agriculteurs.

Après la viande porcine et le cognac, le ministère chinois du Commerce (Mofcom) aurait décidé de mettre en place des droits de douane définitifs à l’encontre des importations de certains produits laitiers européens dans le cadre de l’enquête antisubventions qu’il mène depuis août 2024. C’est ce qu’indique le 2 février, l’association européenne du commerce des produits laitiers (Eucolait) dans un communiqué. Concrètement, l’association avance que le niveau de ces surtaxes définitives varierait entre 7,4 % et 11,7 % en fonction des entreprises et de leur degré de coopération à l’enquête. Les entreprises coopérantes non échantillonnées individuellement seront, elles, soumises à un droit de 9,5 %. Une cinquantaine d’entreprises (dont Arla ou Lactalis) pourrait être concernée, selon certains médias. Des montants qui, s’ils sont rendus officiels par le Mofcom, représentent une baisse significative par rapport à ceux qui s’appliquent provisoirement depuis décembre et qui oscillent entre 21,9 % et 42,7 %.

Comme le lait sur le feu

« Les droits annoncés […] continueront à nuire à la compétitivité de l’UE sur le marché chinois » regrette toutefois Eucolait, sachant que « les exportations de crème et de fromage vers la Chine constituent une part importante du portefeuille d’exportations à forte valeur ajoutée de l’UE ». Un sentiment partagé par les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) dans un message publié le 30 janvier sur le réseau social X. « Une fois de plus, les agriculteurs et leurs produits compétitifs de haute qualité sont pris dans un conflit commercial plus large », indiquent-elles. Et d’appeler les institutions européennes à trouver une solution diplomatique dans une situation de marché difficile.

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De son côté, la Commission européenne se refuse pour l’heure à tout commentaire, Pékin n’ayant pas officiellement communiqué sur ce dossier. La date limite légale de conclusion de l’enquête et d’imposition des droits compensateurs définitifs est fixée au 21 février. Bruxelles examine actuellement la décision finale du Mofcom avant de lui soumettre ses observations avant la date limite. « La Commission européenne prend toutes les mesures nécessaires pour défendre les agriculteurs, les exportateurs et la politique agricole commune de l’UE contre ce qu’elle considère comme une utilisation injustifiée des instruments de défense commerciale par la Chine », assure néanmoins un porte-parole de l’exécutif européen. Estimant que l’enquête reposait sur des allégations douteuses et des preuves insuffisantes, la Commission européenne a lancé en septembre 2024 une procédure devant l’organe de règlement des différends de l’OMC.