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Grandes cultures Progression de 43% des surfaces de sorgho en France depuis 2008

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Lors du lancement de la campagne sorgho 2011, le 1er mars à Paris, organisé par l’AGPB, Arvalis et Pro-Sorgho, les représentants de la filière ont fait état d’une progression des surfaces françaises cultivées en sorgho. Cette évolution s’explique selon eux par les progrès réalisés en matière de désherbage, de recherche variétale et de valorisation des débouchés, notamment en nutrition animale.

«L’objectif est d’atteindre les 100 000 ha en sorgho » a déclaré Yvon Parayre, président de la commission sorgho de l’AGPB lors du lancement de la campagne 2011, le 1er mars à Paris. Selon les intervenants, avec 2 000t de sorgho importées en France sur 2009/2010, et 7 000t sur 2008/2009, il y a un marché pour cette culture. « Les surfaces sont passées de 37 000 ha en 2008 à 58 000 ha en 2009 et 52 800 ha en 2010, soit une hausse de 43% en deux ans grâce aux progrès en matière de désherbage notamment, suite au retrait en 2003 de l’atrazine », a indiqué Jean-Luc Verdier, animateur filière sorgho chez Arvalis.

Des débouchés allant de l’alimentation animale à l’éthanol

« Cette culture intéresse les fabricants d’aliments du bétail (Fab) en raison d’un rapport énergie/prix intéressant pour les animaux monogastriques, mais les volumes manquent pour massifier ce débouché » a expliqué Jean-Luc Verdier. En effet, selon Jean-Louis Hubsh, membre de l’association de semenciers Pro-Sorgho, « fin janvier les disponibilités françaises en sorgho sont généralement épuisées ». De plus, les intervenants ont aussi montré que pour les exploitations en polyculture élevage, l’autoconsommation du sorgho en ensilage permet de réduire les coûts en alimentation animale. « Divers types de débouchés sont offerts au sorgho selon les espèces. Des pains à base de farine de sorgho, convenant aux personnes allergiques au gluten, sont réalisables, ainsi que la production de bière. Aux Etats-Unis, l’un des principaux producteurs dans le monde, 30% de la production est dérivée en éthanol », a signalé Jean-Luc Verdier.

La recherche variétale en fonction des usages progresse

« Depuis 2010, un catalogue officiel a enregistré treize variétés en fonction de leurs usages, dont deux de plus en février 2011 », a salué Jean-Luc Verdier. « Le sorgho grain est la variété la plus cultivée, c’est la cinquième céréale cultivée dans le monde, ses débouchés sont proches de ceux du maïs en direction de l’alimentation animale ou de l’éthanol » a indiqué Jean-Luc Verdier. Il a ensuite montré le développement d’autres variétés telles que le grand sorgho, récolté plante entière, permettant la production d’ensilage à la ferme. Le sorgho sucrier dont la tige est riche en sucre et contient peu de lignine ce qui le rend sensible à la verse, mais facilite sa digestibilité. Selon Jean-Luc Verdier, « ces variétés peuvent produire de l’ensilage, mais aussi de l’énergie par méthanisation ou production de biocarburant de seconde génération ». Le sorgho fibre, de grande taille, adapté à la production de biomasse et de méthane, ou le sorgho fourrager, allias Sudan grass, bénéficiant d’un fort tallage et permettant de réaliser plusieurs coupes de fourrage vert ont aussi été présentés. « La précocité des nouvelles variétés permet de faire remonter les zones de production du sud de la France vers le centre, l’ouest et le nord de la France avec des cultures jusqu’en Alsace », a enfin indiqué Yvon Parayre.

Les atouts de la production de sorgho

« En Europe, la nouvelle Pac 2013, dont le verdissement est attendu, pourrait soutenir l’essor du sorgho comme culture présentant des atouts environnementaux, telle la résistance aux maladies et ravageurs, notamment la chrysomèle, une bonne tolérance à la sécheresse et une faible consommation d’intrants », a expliqué Yvon Parayre. Il a ensuite indiqué « essayer d’obtenir un traitement spécifique au niveau européen pour le sorgho, en collaborant avec de grands pays producteurs comme la Hongrie ». Pour Yvon Parayre, ceci pourrait passer par l’octroi d’aides aux cultures présentant des avantages environnementaux, ou permettant l’allongement des rotations. D’ailleurs, Jean-Louis Hubsh a indiqué que « l’intégration du sorgho dans les rotations du sud de la France a permis de casser l’assolement tournesol/blé dur, et dans les régions où la pression de la chrysomèle devient trop forte sur le maïs, le sorgho a pu être une solution. Ce qui pose toutefois des problèmes aux organismes stockeurs en termes de gestion des silos ». Enfin, le représentant de Pro-Sorgho a expliqué que les variétés précoces permettaient aujourd’hui des rotations sorgho/céréales, ce qui pourrait dès 2011 amener les surfaces cultivées en France à atteindre les 70 000 ha, chiffre déjà atteint en 2002.

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