La Commission européenne prépare une révision de sa politique de promotion des produits agricoles qui inquiète la filière viande de l’UE. Bruxelles souhaite en effet mettre l’accent sur la consommation de fruits et légumes pour répondre aux engagements de sa stratégie de la ferme à la table et de son plan de lutte contre le cancer.
La politique de promotion des produits agricoles de l’UE, en cours de révision, doit devenir un outil au service de la stratégie de la ferme à la table et du plan européen de lutte contre le cancer (1) confirme, dans un rapport d’évaluation du 11 février la Commission européenne. Une orientation que redoutent sept interprofessions européennes du secteur de la viande (en France, Irlande, Pologne, Italie, Espagne et Hongrie). Dans une lettre adressée le 15 février au vice-président de la Commission européenne Frans Timmermans, elles demandent à l’UE de la cohérence et dénoncent le projet de révision de la politique de promotion européenne : « Exclure l’ensemble du secteur de l’élevage des subventions des programmes de promotion de l’UE », « dans le but d’encourager les citoyens à réduire drastiquement leur consommation de protéines animales » est « une solution disproportionnée et inadéquate. Les fonds de promotion européens devraient être maintenus à disposition pour l’élevage respectant les réglementations européennes ».
D’autant plus, soulignent ces organisations, que dans le même temps l’UE poursuit sa politique commerciale en ouvrant des contingents d’importation tarifaires à de la viande en provenance des États-Unis ou du Brésil.
Un outil souple
Dans son rapport d’évaluation qui servira de base au réexamen de la politique de promotionde l’UE attendu pour la fin de l’année, Bruxelles conclut que le système actuel de promotion avec son programme de travail annuel est un outil pertinent pour assurer une politique dynamique et ciblée permettant de « l’adapter, dans une certaine mesure, à l’évolution des priorités des secteurs concernés ». Cette politique s’est révélée réactive pour allouer ponctuellement des financements spécifiques en faveur de programmes d’aide aux secteurs en difficulté, par exemple, en 2019, les olives de table et la production durable de riz.
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Mais pour l’avenir la Commission estime que cette politique peut jouer un rôle clé pour promouvoir « de futurs systèmes visant à sensibiliser les consommateurs à l’étiquetage des denrées alimentaires durables de l’UE, au bien-être des animaux, aux habitudes alimentaires saines et à l’initiative de l’UE concernant le stockage du carbone dans les sols agricoles ». Elle devra également soutenir le plan européen de lutte contre le cancer, notamment en ciblant la consommation de fruits et légumes dans le contexte d’une alimentation saine et équilibrée ainsi que d’autres produits sains qui sont actuellement sous-consommés dans l’UE.
Un virage en ce sens a déjà été effectué dans le cadre du programme de travail pour 2021 qui prévoit de consacrer 50 % de son budget à des thèmes contribuant à la réalisation des objectifs de la stratégie de la ferme à la table (notamment l’agriculture biologique).