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Protections des cultures : une situation qui ne satisfait personne

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Alors que la réglementation européenne actuelle sur les produits phytosanitaires montre de sérieuses limites, c’est une transition globale vers une agriculture durable qui permettra de réduire l’utilisation des pesticides et mieux protéger les cultures, souligne la Fondation pour le soutien à l’investissement rural en Europe (RISE) qui propose dans son dernier rapport intitulé « La protection des cultures et le système alimentaire de l’UE : Où vont-ils ? », publié le 19 mai.

Face au dysfonctionnement de la réglementation européenne pour la protection des cultures qui ne satisfait personne, la Fondation pour le soutien à l’investissement rural en Europe (RISE), propose dans son rapport intitulé « La protection des cultures et le système alimentaire de l’UE : Où vont-ils ? » publié le 19 mai, la mise en place d’une transition globale vers une agriculture durable. Une transition qui, note-t-elle, « ne peut être dissociée du système alimentaire au sens large et des changements d’utilisation des terres qui devront englober la consommation et le gaspillage alimentaire, la fixation des prix des denrées alimentaires qui internalise le coût réel de la production, et la politique sociale et commerciale ».

Bien que la réglementation européenne encourage l’adoption de méthodes de protection des cultures non synthétiques, l’agriculture européenne dépend aujourd’hui toujours autant de l’utilisation de produits phytopharmaceutiques pour lutter contre les parasites et les maladies, souligne le rapport. C’est une preuve, indiquent les auteurs, que « cette stratégie ne fonctionne pas bien dans la pratique ». Selon eux, « les risques ne sont pas suffisamment réduits pour certaines parties prenantes, la lutte intégrée contre les parasites n’est pas mise en œuvre de manière exhaustive, les évaluations des risques liés aux produits phytopharmaceutiques ne répondent pas aux attentes, les calendriers d’approbation des produits ne sont pas respectés en raison de l’insuffisance des ressources réglementaires et de l’absence d’objectifs clairs et les données sur l’utilisation actuelle des produits phytopharmaceutiques sont insuffisantes ». Ce statu quo, indique le rapport, ne satisfait aucune partie prenante. « Les agriculteurs craignent de perdre des produits de leur boîte à outils de production végétale, le secteur des produits phytopharmaceutiques craint l’augmentation des coûts et des délais d’approbation des produits, ce qui mine les investissements, les environnementalistes et de nombreux scientifiques estiment que la santé, la biodiversité, l’eau et les sols subissent encore des dommages inacceptables du fait des produits phytopharmaceutiques. Quant aux autorités publiques, elles ne peuvent pas gérer et appliquer efficacement la législation existante », détaillent les auteurs.

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Les auteurs estiment qu’une transition « n’est possible que si le gaspillage alimentaire et la surconsommation de bétail et d’autres produits sont réduits en conséquence. Un tel changement de système nécessitera donc des incitations et une aide aux agriculteurs, une hausse des prix des denrées alimentaires et des transferts sociaux aux plus pauvres pour rendre ces derniers acceptables ».

Des questions qui vont finalement bien au-delà de la prise en compte de la protection des cultures. Pour atteindre les objectifs visés, cette nouvelle stratégie de transition, selon les auteurs, devra à la fois, « encourager l’adoption de principes et de pratiques agricoles durables, promouvoir la lutte intégrée contre les parasites en tant que cadre de coordination, encourager le biocontrôle, déployer l’agriculture de précision, la robotique, l’intelligence artificielle et les données numériques ou encore internaliser la résistance aux parasites et aux maladies par la sélection ». Des mesures que la Commission européenne envisage dans sa vaste stratégie "de la ferme à la table" présentée le 20 mai (1).

(1) Voir même numéro