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Protéines végétales : les Vingt-sept espèrent un plan qui tarde à venir

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Les ministres de l’Agriculture de l’UE, réunis pour un Conseil informel à Genk sur le thème de l’approvisionnement de l’UE en protéines végétales, ont, pour la plupart, reconnu qu’un nouveau plan européen en la matière serait nécessaire. Bruxelles doit, depuis des mois, présenter des propositions mais celles-ci devraient attendre le prochain exécutif européen.

Comment l’UE peut-elle devenir moins dépendante des importations de protéines végétales ? C’était le sujet officiel à l’ordre du jour de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE les 8 et 9 avril à Genk (Belgique). Chacun des ministres a présenté les dispositions prises dans leurs pays respectifs mais beaucoup ont aussi souligné la nécessité d’une stratégie européenne plus globale. Luis Planas, le ministre espagnol, a suggéré d’augmenter le degré d’auto-approvisionnement de toutes les sources de protéines, en mettant l’accent sur celles qui font le plus défaut (tourteaux ou farine de soja), grâce à l’augmentation de la production communautaire. Mais il convient aussi, à ses yeux, de donner la priorité à la négociation d’accords commerciaux visant l’accès à ces produits. Il a aussi évoqué le rôle que pourraient jouer les nouvelles techniques de sélection génomiques (NBT) pour augmenter les rendements des protéagineux dans l’UE. Pour la Pologne, il faut aussi commencer à débattre des relations avec l’Ukraine qui, si elle intégrait l’UE, pourrait devenir un producteur important de soja. Pour le ministre autrichien, Norbert Totschnig, « nous devons réduire notre dépendance vis-à-vis des importations en provenance de pays tiers comme les États-Unis, le Brésil et l’Argentine, et pour cela, il est nécessaire d’élaborer une stratégie de travail européenne », a-t-il dit, regrettant que la Commission européenne n’ait pas encore mis de proposition sur la table.

« Prochainement… »

Cinq plans protéines ont pourtant déjà été présentés en trente ans sans grands résultats. L’exécutif européen en promet un nouveau depuis des mois mais, au final, rien ne devrait être mis sur la table avant l’été. Le commissaire européen à l’Agriculture Janusz Wojciechowski s’est contenté de promettre un document prochainement. « L’UE importe seulement 23 % de ses aliments protéinés », a tempéré le commissaire polonais. Le principal problème, prévient-il, est que dans « le segment des aliments pour animaux à haute teneur en protéines, elle en importe 66 % » et même « 90 % pour ce qui est du soja », le tout provenant d’un nombre limité de fournisseurs.

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Il a rappelé que Bruxelles « vient de finaliser une étude sur les stratégies alimentaires utilisées dans différents systèmes de production animale dans l’UE, qui conclut que la solution pour réduire la dépendance aux importations est une combinaison de différents leviers » : augmenter la part des protéines dérivées de l’herbe dans l’alimentation des ruminants, élargir la production de cultures protéagineuses et d’oléagineux, ou encore développer des variétés qui améliorent leur profil nutritionnel. Mais il estime aussi que cette question pourra être abordée dans le cadre de la future Pac, proposant notamment de réfléchir à « un soutien spécifique aux exploitations mixtes ». Une question qui, comme un éventuel nouveau plan Protéines, reviendra à son successeur.