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Quatre priorités pour la mission interministérielle sur le suicide des agriculteurs

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Le ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a précisé les contours de la mission interministérielle confiée, le 10 mars, au député du Lot-et-Garonne Olivier Damaisin (LRM). Cette mission de six mois a pour but de « mieux connaître, mieux comprendre et mieux prévenir » le suicide des agriculteurs, a dit le ministre.

Elle s’articule autour de quatre axes. La première attente du gouvernement est de « suivre et comprendre ce drame » en ayant plus de données fiables. Deuxièmement, il s’agit de « vraiment arriver à améliorer la sensibilisation et la formation des organismes chargés d’intervenir auprès des agriculteurs ». En troisième lieu, Didier Guillaume veut « rendre le dispositif d’identification et d’accompagnement plus efficace et plus lisible », notamment en matière de financement et de coopération entre les différents acteurs. Enfin, il souhaite comprendre l’impact des controverses sur l’agriculture (agressions, stigmatisations, dénigrements).

Au-delà de ces quatre orientations, il a ajouté qu’« aujourd’hui peut-être il y a besoin de mieux libérer la parole » des agriculteurs. « Nous avons déjà fait des choses pour améliorer les données, pour dialoguer avec les agriculteurs, pour travailler sur l’aide au répit en cas de burn-out », a rappelé le ministre qui a indiqué que « 75 cellules départementales d’identification et d’accompagnement ont été créées depuis 18 mois » pour travailler « aux côtés de celles de la MSA ». Elles ont déjà eu 2 000 signalements, en 18 mois. Ça veut dire qu’il y a un certain nombre de gens qui ne vont pas bien et qui ne passent pas à l’acte, heureusement ».

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Pour mener à bien sa mission confiée par les ministères de l’Agriculture et de la Santé, Olivier Damaisin sera épaulé par l’ingénieur général du CGAAER Frédéric Poisson. Il a d’ores et déjà prévu de rencontrer les structures nationales (institutions, syndicats, coopératives, banques, MSA…), des exploitants ainsi que des familles endeuillées « dans toutes les régions de France » y compris dans les circonscriptions tenues par des députés de l’opposition. « C’est vraiment un moment d’échange qu’il va falloir avoir et essayer de comprendre ce qui fait qu’on arrive à passer à l’acte » a-t-il déclaré.

D’après Didier Guillaume, ce travail « en profondeur » permettra d’enrichir les réflexions entamées au Sénat où une proposition de loi visant à prévenir le suicide des agriculteurs est en stand-by depuis le 12 décembre. Olivier Damaisin a par ailleurs précisé avoir rendez-vous avec les sénateurs le 23 mars.

« Aujourd’hui peut-être il y a besoin de mieux libérer la parole »