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Réactions des OPA : les syndicats agricoles alertent sur l’urgence à agir

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Parmi les nombreuses réactions des organisations professionnelles agricoles à la nomination du nouveau ministre de l’Agriculture, on retiendra que la FNSEA, la Coordination rurale et la Confédération paysanne s’accordent sur l’urgence de passer à l’action devant la détresse des agriculteurs. Et les coopératives forestières s’inquiètent de ne pas voir la forêt dans l’intitulé du ministère.

« Il faut qu’il se mette au travail rapidement », plaide Luc Smessaert, vice-président de la FNSEA, interrogé par Agra Presse. « Nous n’avons pas de temps à perdre », insiste le syndicat majoritaire dans son communiqué, notamment il faut « remettre du carburant dans le moteur franco-allemand ». Un message d’urgence également relayé par la Coordination rurale et la Confédération paysanne. Pour la FNSEA, les deux grands chantiers prioritaires sont la loi de simplification « pour redonner de l’oxygène à nos exploitations « en faisant davantage confiance grâce au droit à l’erreur » ; et les États généraux de l’alimentation, « afin de retrouver de véritables équilibres dans la chaîne alimentaire et notamment la juste place des producteurs ».

La Coordination rurale (CR) et la Confédération paysanne ont mis en avant d’autres sujets d’urgence : « déverrouiller les lenteurs administratives laissées par son prédécesseur » et développer la transparence dans l’étiquetage (CR) ; interdire l’achat des produits agricoles au-dessous du prix de revient et remettre de la régulation et une maîtrise de la production (Conf’) ; mais aussi appréhender les négociations futures de la nouvelle Pac. Sur la méthode, la Confédération paysanne demande un « pluralisme syndicale réellement démocratique », avec un « nouveau ministre » qui « tourne le dos à la cogestion entretenue avec les précédents gouvernements ».

Les Jeunes agriculteurs interpellent le ministre sur l’urgence de « susciter des vocations en agriculture ». Ils demandent d’ouvrir les chantiers de simplification des normes, d’accès au foncier, de prix décents, de négociations de la futur Pac. Ils revendiquent une posture « d’ouverture » et de « dialogue ». Le syndicat demande également au ministre « l’affirmation claire d’une vision sur le long terme pour l’agriculture française ».
L’Assemblée permanente des chambres d’agriculture (APCA) souhaite que le nouveau ministre : « redonne confiance et optimisme aux agriculteurs français », « crée les conditions de réussite des exploitations agricoles ».

Organisations agricoles spécialisées

Philippe Pinta, le président de l’AGPB (producteurs de blé), attend « à court terme » des mesures sur la gestion des risques, l’absence de distorsions de concurrence et de sur-transposition, souligne-t-il dans un communiqué. Concernant la Pac, l’AGPB veut notamment le maintien d’« un budget fort ». Des outils de gestion des risques « efficaces » sont réclamés à la fois au plan européen et national. L’AGPB espère dès 2018 le développement d’une assurance climatique et la possibilité d’une épargne de précaution pour tous les producteurs.

La CGB (betteraviers) met « les dossiers européens au premier plan », dans son communiqué. Et de plaider en faveur d’une Europe « conquérante », avec notamment une harmonisation sociale, fiscale, environnementale, qui « protège et soutient la compétitivité des agriculteurs ». La CGB réclame aussi : l’utilisation des nouvelles technologies pour obtenir de nouvelles variétés plus productives et nécessitant moins d’intrants ; la préservation des néonicotinoïdes ; un soutien aux biocarburants de première génération. Elle attend du nouveau ministre qu’il pousse des outils de gestion des risques et limite la sur-transposition des normes.

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Le leitmotiv de la Fop (producteurs d’oléagineux et de protéagineux) est de « gagner en compétitivité ». Ses attentes portent notamment sur un budget communautaire et une Pac renforcés, « un plan protéines digne de ce nom », un soutien fort à la recherche et à l’innovation, « des mécanismes novateurs en faveur de la résilience des exploitations », un appui affirmé aux biocarburants et un maintien des objectifs actuels d’incorporation, souligne-t-elle.

Fransylva (forestiers privés) le qualifie "d'homme de terrain, plus que de communication», lui souhaite la bienvenue et l'invitera à son assemblée générale le 13 juin pour «poursuivre le travail de fond mené depuis 2012».

Entreprises du secteur agricole

Michel Prugue, le président de Coop de France, attend un ministère de l’Agriculture  « mettant au cœur de son action la liberté d’entreprendre », affirme-t-il. La fédération des coopératives avance comme objectif de libérer le travail, l’investissement, via la simplification administrative, l'arrêt de la sur-transposition des normes européennes, aussi en renforçant la compétitivité par la baisse des charges. Il s’agit par ailleurs de garantir  « des prix justes pour que les agriculteurs puissent vivre de leur travail ». Les futurs États généraux de l’alimentation devront mettre fin à la guerre des prix, soutient Coop de France. L’organisation veut  « une Europe qui protège », à l’aide d’outils de gestion des risques économiques, climatiques, sanitaires.

L’Association nationale de l’industrie alimentaire (Ania) souhaite que le gouvernement « redonne de la valeur à l’alimentation ». Le gouvernement devra pour cela « être le garant des bonnes relations au sein de la filière ». L'Ania attend aussi du gouvernement qu’il assure « un environnement réglementaire et fiscal stable ».

L'UCFF (coopératives forestières) attend du ministre qu'il «favorise la propriété forestière» et le "développement de l'énergie renouvelable bois», «soutienne les innovations en forêt ainsi que le reboisement», « et assure la bonne santé des personnels». Seule inquiétude manifestée, celle des coopératives qui regrettent que le terme «forêt" n'apparaisse pas dans la dénomination du ministère.