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Rebond de l’assurance multirisque climatique, mais Groupama s’impatiente

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Les surfaces couvertes par l’assurance multirisque climatique sont reparties à la hausse en 2019, mais Groupama s’impatiente face à un chantier de révision des politiques de gestion des risques qui traîne en longueur au ministère de l’Agriculture. La Confédération paysanne a, de son côté, dénoncé la gouvernance de ces travaux.

Après une année de « ralentissement » (+1,1 %) en 2018, les surfaces couvertes par l’assurance multirisque climatique sont reparties à la hausse en 2019, s’étendant sur 358 000 hectares supplémentaires (+7,3 %) pour atteindre 5,1 millions d’hectares, a annoncé Groupama lors d’une conférence de presse le 4 février. Soit une progression proche de la surface agricole utile moyenne d’un département français. Les surfaces supplémentaires sont essentiellement réparties entre la vigne et les grandes cultures, selon l’assureur. Chez Groupama, l’assurance chiffre d’affaires (appelée offre « stabilité »), lancée fin 2016, couvre désormais 31 000 hectares ; en 2020, cette offre est étendue à l’orge (en plus du blé tendre, du maïs et du colza actuellement).

« Il faut prendre des décisions »

Mais l’assureur s’impatiente. À l’occasion de cette conférence, le leader de l’assurance du monde agricole a de nouveau rappelé que son activité d’assurance climatique agricole était toujours déficitaire, et demandé un soutien plus ferme des pouvoirs publics : « Nous sommes arrivés à une phase où il faut prendre des décisions », a expliqué Jean-Yves Dagès, président de la fédération nationale Groupama. En juillet dernier, le ministère de l’Agriculture avait lancé une réflexion en vue de réviser le Programme national de gestion des risques agricoles (PNGRAT) fin 2019 ; ces travaux, divisés en trois groupes de travail, sont toujours en cours, et traînent en longueur, regrette Groupama.

L’assureur a rappelé sa proposition de mettre en place un « pool entre assureurs et réassureurs ». L’objectif est de « mettre en commun des informations, des données, des tarifs » de façon à « renforcer la confiance des agriculteurs » et « assurer la pérennité du dispositif » d’assurance récolte. Groupama demande aussi une meilleure articulation entre le fonds des calamités agricoles et les dispositifs d’assurance existant.

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La Conf' craint une réflexion « partiale »

Parmi les travaux qui tardent, le groupe de travail de l’arboriculture semble le plus à la traîne. Sa première réunion doit se tenir le 12 février, dans les locaux de la Fédération française de l’assurance et sera « copilotée » par la FNSEA et la fédération d’assureurs.

Un choix de lieu et de gouvernance qui a choqué la Confédération paysanne, ouvertement opposée à l’assurance privée climatique. « Comment, dans ces conditions, avoir une réflexion impartiale quant aux meilleurs outils à définir pour sortir des impasses actuelles ? », s’interroge la Conf' dans un communiqué paru le 4 février. « Le groupe sur l’arboriculture montre un parti-pris dès le départ : les arboriculteurs devront avoir recours aux assurances, la possibilité d’un fonds mutualiste et solidaire est écartée d’office », estime le syndicat.

Selon les données provisoires diffusées par le ministère de l’Agriculture lors du comité national de gestion des risques (CNGRA) d’octobre, les surfaces assurées en arboriculture connaissent un recul sensible (-9 %) en 2019, tout comme les capitaux assurés (-16 %). Depuis 2010, cette offre ne dépasse pas 3 % des surfaces arboricoles (2,5 % en 2019).