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Viticulture Recherche d’une alternative au cuivre

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Les viticulteurs en agriculture biologique vont devoir réduire les traitements à base de cuivre pour suivre la réglemention européenne. Pour y parvenir, des études européennes sont actuellement en cours sur la vigne et sur d’autres cultures pérennes. Elles ont été exposées lors des Journées techniques nationales de la viticulture biologique qui se sont déroulées les 8 et 9 décembre à Avignon.

Le sujet des journées techniques, organisées par la commission viticole de l’Institut technique de l’agriculture biologique (Itab), en partenariat avec le Grab Groupe de recherche d’agriculture biologique,, la Fab Paca Fédération de l’agriculture biologique P.A.C.A, et l’Association des vignerons agrobiologistes de Provence, a attiré un nombre important de participants, près de 75 le premier jour et 120 le second. Il faut dire que la problématique du cuivre, thème de la deuxième journée, est au cœur des préoccupations de la bio en général et de la viticulture en particulier. En effet, depuis mars 2002, la réglementation européenne définissant le cahier des charges de l’agriculture biologique n’autorise qu’un traitement de 8 kg de cuivre par hectare et par an (en moyenne mobile sur 5 ans). En 2006, cette moyenne descendra à 6 kg/ha/an. Les pays du Nord de l’Europe sont même favorables à une interdiction totale du cuivre. Face à cette problématique, la filière bio s’organise. Un programme de recherche européen, financé par des fonds européens a été mis en place. Des essais approfondis sont en cours sur la vigne, mais également la pêche, la pomme et la tomate. Ces essais sont menés en collaboration entre l’Itab, l’Inra, le Grab en France, et Fibl Institut de recherche de l’agriculture biologique suisse en Suisse et d’autres organismes en Italie.

Première étape : la réduction des doses

L’accumulation du cuivre, qui se stocke dans la couche supérieure du sol, concerne surtout les cultures pérennes. La viticulture, qui a longtemps été l’objet de traitements massifs, est au premier plan. Des blocages de fonctionnement de la microflore et de la microfaune dans ces sols traités de longue date ont donné l’alerte sur l’impact du cuivre. Une étude en cours devrait permettre de définir la réelle toxicité du cuivre. Sans attendre, la filière cherche une alternative au cuivre. Toutefois, aucune substance naturelle ne s’est révélée aussi efficace. La première étape consiste donc à réduire les doses. On s’aperçoit aujourd’hui que des traitements beaucoup plus légers sont tout aussi efficaces. On ne traite qu’en situation d’alerte, quand les conditions sont favorables au développement du mildiou (chaleur et humidité). La Champagne et le Bordelais sont les vignobles les plus touchés par ce problème, et dans une moindre mesure le Val de Loire et les Charentes.

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Autre piste à exploiter : un traitement minimal en cuivre complété avec des organismes antagonistes au champignon ou des produits végétaux qui stimuleraient les défenses naturelles de la plante.