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Lin textile Réduire les emblavements 2009 pour maintenir la filière

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Depuis plus d’un an, la demande chinoise en lin textile se réduit, entraînant la constitution de stocks importants. Afin d’éviter un effondrement des prix, l’Association générale des producteurs de lin (AGPL) demande aux liniculteurs de réduire leurs ensemencements 2009 à 50 000 ha, soit une baisse de 39 % par rapport à la référence 2005.

«Il faut prendre le taureau par les cornes », estime Xavier Talpe, président de l’AGPL (Association générale des producteurs de lin). Pour éviter un effondrement des prix, l’association préconise un net recul des surfaces emblavées en France pour la récolte 2009. De 67 000 ha en 2007, celles-ci doivent tomber selon elle à 50 000 ha, un niveau légèrement supérieur aux 44000 ha ensemencés en 2000 alors que la filière n’avait pas pris la mesure de l’appétit chinois pour ses produits. Cette mesure d’urgence doit permettre de sauvegarder une filière en manque de débouché. Sur la campagne 2006/2007, 115 000 tonnes de fibres longues ont été vendues sur les 130 000 tonnes produites par les trois producteurs européens que sont la France, les Pays-Bas et la Belgique. En 2007/2008, ce chiffre est tombé à 86 000 t sur quelques 100 000 t récoltées. Pour 2008, l’AGPL estime la récolte de lin français à 100 500 t, mais l’offre théorique serait plus proche de 134 000 t après lissage. Limiter les disponibilités pour 2009 doit pouvoir aider à éponger les stocks.

Ralentissement des ventes vers la Chine

C’est la Chine, pourtant responsable de l’embellie vécue ces dix dernières années, qui est à l’origine de cette crise. S’ils restent les principaux clients de l’Europe de l’Ouest, et constituent toujours 80 à 85 % de parts de marché, les industriels de la République populaire achètent de moins en moins. Plusieurs raisons se conjuguent pour expliquer leur désintérêt. D’abord, la baisse de la demande en textile, liée à la crise économique qui secoue la planète. Ensuite, un possible surinvestissement au regard d’un marché mal évalué : « Sur 600 à 700 000 broches montées en Chine, seules 300 000 doivent tourner », estime le président de l’AGPL. La force de l’euro par rapport au dollar dessert également les producteurs européens. « Il faut bien voir que les Chinois n’ont jamais acheté leur lin aussi cher », souligne Xavier Talpe. Reconquérir le marché chinois est d’autant plus difficile que la filière européenne a choisi de s’orienter depuis 2006 vers plus de qualité pour améliorer la valorisation de leurs produits. Or, les industriels chinois « ne raisonnent que sur les prix », précise Xavier Talpe.

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Le lin toujours « tendance »

Si la situation paraît difficile, elle n’a rien de désespéré. L’Europe de l’Ouest reste la seule source d’approvisionnement pour le géant d’Asie, qui ne pourra pas laisser indéfiniment ses installations en sous-utilisation. Il s’est tourné un temps vers l’Europe de l’Est, mais les producteurs se sont retirés faute d’y trouver leur compte. Et comme le signale Xavier Talpe, « le lin est dans les tendances ». Il faudra donc bien fournir en textile adapté les fabricants de vêtements. En attendant cette reprise, les producteurs devront toutefois faire le dos rond.