Le Parlement européen va devoir tenter de continuer à remplir de façon cohérente ses responsabilités législatives, dans le domaine agricole et alimentaire entre autres, malgré la forte poussée europhobe et nationaliste enregistrée lors des élections du 22-25 mars. La nouvelle Assemblée tiendra sa session constitutive du 1er au 3 juillet à Strasbourg, suivie le 7 juillet des réunions constitutives de ses commissions. De nombreux députés de la commission parlementaire sortante de l'agriculture et du développement rural ont toutefois été réélus, et quelques nouveaux parlementaires ont le profil pour s'occuper de ce secteur.
EN dépit d'une forte poussée de l'extrême-droite, du Front National (FN) en France et du Parti du peuple au Danemark notamment, et des eurosceptiques les plus virulents, de l'UKIP au Royaume-Uni surtout, le centre-droit (Parti populaire européen, PPE) a gardé le plus grand nombre d'élus au Parlement européen à l'issue des élections du 22 au 25 mars qui ont enregistré une participation de 43,09 %, contre 43 % lors du précédent scrutin de 2009.
Selon les derniers décomptes de l'Assemblée, le PPE a obtenu 213 sièges sur un total de 751, soit un score de 28,36 % (contre 274 sièges sur 766 et 35,77 % en 2009 ) ; les socialistes (S&D) 191 sièges et 25,43 % (contre 196 et 25,59 % en 2009) ; les libéraux (ALDE) 64 sièges et 8,52 % (contre 83 et 10,83 %) ; les Verts 52 sièges et 6,92 % (contre 57 et 7,44 %) ; les conservateurs (ECR) 46 sièges et 6,13 % (contre 57 et 7,44 %) ; la Gauche unitaire (GUE) 42 sièges et 5,59 % (contre 35 et 4,57 %) ; les non-inscrits (apparentés à aucun groupe politique dans le Parlement sortant, dont le FN français) 41 sièges et 5,46 % (contre 33 et 4,31 %) ; le groupe Europe libertés démocratie (EFD, dont les Britanniques de l'UKIP) 38 sièges et 5,06 % (contre 31 et 4,57 %) ; et enfin les nouveaux élus sans appartenance à un groupe politique du Parlement sortant 64 sièges et 8,52 %.
Pour être constitué, tout groupe politique doit pouvoir réunir 25 députés d'au moins 7 États membres.
Comagri : réélusPour composer la prochaine commission parlementaire de l'agriculture et du développement rural, la Comagri, les députés réélus qui en faisaient partie lors de la législature précédente pourraient en principe être candidats, et notamment : Paolo De Castro (Italie, S&D), président sortant ; José Bové (France, Verts), vice-président sortant ; Michel Dantin (France, PPE), qui était le rapporteur pour le volet organisation commune de marché de la réforme de la Pac ; Giovanni La Via (Italie, PPE), rapporteur pour le volet financement de la réforme de la Pac ; Albert Dess (Allemagne, PPE) ; Marc Tarabella (Belgique, S&D) ; Peter Jahr (Allemagne, PPE) ; Éric Andrieu (France, S&D) ; Martin Hausling (Allemagne, Verts) ; Maired McGuinness (Irlande, PPE) ; James Nicholson (Royaume-Uni, ECR) ; John Stuart Agnew (Royaume-Uni, EFD) ; des membres suppléants de la commission de l'agriculture sortante, tels Sylvie Goulard (France, ALDE), Maria do Céu Patrao Neves (Portugal, S&D) ou encore Patrick Le Hyaric (France, GUE).
UNE cinquantaine d'agriculteurs corses ont temporairement bloqué le 25 mai à Bastia un bureau de vote des élections européennes, pour protester contre le calcul, défavorable selon eux aux exploitants corses, d'une prime liée à la PAC, a indiqué un porte-parole de l'intersyndicale à l'AFP.
« En Corse, nous recevons 90 euros, comparativement à 280 euros sur le continent, et le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll s'était engagé en septembre dernier à corriger cette injustice inexplicable », a déclaré Sébastien Costa, porte-parole de l'intersyndicale de la FDSEA des deux départements insulaires.
Parmi les autres membres de la Comagri sortante, Luis Manuel Capoulas Santos (Portugal, S&D), rapporteur pour les volets paiements directs et développement rural de la réforme de la Pac, Elisabeth Jeggle (Allemagne, PPE) et Astrid Lulling (Luxembourg, PPE, suppléante) ne se représentaient pas, tandis que, entre autres, Agnès Le Brun (France, PPE), Britta Reimers (Allemagne, ALDE) et George Lyon (Royaume-Uni, ADLE) n'ont pas été réélus.
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Parmi les nouveaux députés qui pourraient faire partie de cette commission parlementaire : Maria Heubeuch (Allemagne, Verts), productrice de lait ; Maria Noichl (Allemagne, SPD), spécialiste des questions nutritionnelles ; Ulrike Müller (Allemagne, ALDE), agricultrice ; Anne Sander (France, PPE), ex-assistante de Joseph Daul, exploitant agricole (jusqu'en 2007) qui a présidé le groupe PPE du Parlement européen après avoir présidé de 2002 à 2007 la commission de l'agriculture ; Angélique Delahaye (France, PPE), ancienne présidente de Légumes de France.
Miguel Arias Canete (Espagne, PPE), ancien ministre de l'Agriculture, a été élu, mais devrait devenir membre de la prochaine Commission européenne.
Par ailleurs, Corinne Lepage (France, ALDE), membre de la commission parlementaire sortante de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire, très active sur les dossiers des OGM et des biocarburants, n'a pas été réélue.
LES chefs d'État et de gouvernement de l'UE, réunis de façon informelle le 27 mai au soir à Bruxelles pour évaluer les résultats du scrutin du 25 mai, se sont bien gardés d'avancer un nom pour la succession du président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, et donc de se prononcer sur le sort de Jean-Claude Juncker (Luxembourg), le candidat du Parti populaire européen chargé par les parlementaires de commencer à réunir une majorité derrière lui pour obtenir ce poste. Ils ont avant tout tenu à signaler à l'Assemblée qu'ils ne comptaient se faire voler en la matière ni leurs prérogatives, ni l'interprétation du traité de Lisbonne.
Les Vingt-huit se sont contentés de donner un mandat au président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, pour commencer des discussions à la fois sur « les priorités futures de l'UE et les futures nominations » avec les groupes du Parlement européen et avec eux-mêmes. « C'est le Conseil européen qui doit faire une proposition » au Parlement, qui devra ensuite élire le président de la Commission de Bruxelles à la majorité absolue, a souligné Herman Van Rompuy. « Bien sûr, je consulterai les groupes parlementaires et j'aurai des réunions avec Jean-Claude Juncker », mais les consultations ne se feront pas « seulement avec une personne ».
Jean-Claude Juncker ne constitue « pas le seul candidat valable pour la Commission », a tenu à souligner de son côté Angela Merkel, qui est de la même famille politique que l'ancien premier ministre luxembourgeois. Il faut « prendre du temps pour ce processus de désignation des personnes pour avoir un tableau complet. Il y a aussi d'autres postes à pourvoir : le président du Conseil, le président de l'eurogroupe », a expliqué la chancelière allemande.