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Foncier Réfléchir à une Agence mondiale des espaces naturels, agricoles et forestiers

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Robert Levesque, de la Fédération nationale des Safer, s’est exprimé sur l’importance du foncier dans la sécurité alimentaire mondiale lors d’une conférence le 6 octobre, organisée par l’Afdi.

Le 6 octobre, le réseau Afdi (Agriculteurs français et développement international) a organisé au Sommet de l’élevage une conférence concernant l’évolution du foncier en lien avec la production agricole. La proposition de Robert Levesque de la Fédération nationale des Safer, de « réfléchir à une Agence mondiale des espaces naturels, agricoles et forestiers » s’est alors révélée très pertinente. En effet, selon lui, « la course aux hectares naturels, engagée par les détenteurs de capitaux, va se traduire par une concentration des meilleures terres arables entre des entreprises privées ou d’Etats étrangers qui vont capter une part importante de la valeur ajoutée agricole et de la production au détriment des populations locales. Ces derniers n’auront plus accès au foncier ni au crédit. » Il illustre ces propos d’exemples concrets au Mali, à Madagascar ou en Ukraine. D’après lui, en 2 ans, 20 millions d’hectares agricoles, soit l’équivalent de 70% de la surface agricole française, seraient passés sous le contrôle d’investisseurs, de grands entrepreneurs, de fonds de pension, ou d’entreprises d’Etat étrangers.

Des surfaces agricoles limitées

Par ailleurs, les surfaces agricoles se font rares, grignotées par l’urbanisation. « Dans les années 1980, 54 000 ha partaient annuellement à l’urbanisation, dans les années 1992 à 2002, le chiffre était de 61 000 ha et nous voilà rendus à 86 000 ha par an entre 2006 et 2009 d’après les derniers chiffres du ministère de l’Agriculture », explique Robert Levesque. Il précise aussi que « désormais, nous ne pouvons plus augmenter les surfaces agricoles au détriment des sols forestiers car cela alimenterait le réchauffement climatique ou plutôt le dérèglement climatique avec comme première incidence une stabilisation puis une diminution des rendements agricoles. » Pour lui, relever le défi alimentaire de demain signifie d’une part « préserver les espaces naturels et l’équilibre entre les fonctions de ces espaces (biodiversité, pompe à carbone, production alimentaire) » et d’autre part « respecter le droit à l’alimentation en donnant un accès à la terre aux populations marginalisées ».

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