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Réforme de la Pac : les zones fragiles espèrent plus

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Les agriculteurs installés en zones défavorisées, en montagne particulièrement, disposent de nombreux outils pour compenser leur handicap mais ont souvent du mal à y avoir accès. La prochaine réforme de la Pac devra faire plus pour les producteurs de ces zones qui contribuent à la fois à l’économie des régions et à la préservation de l’environnement, a indiqué le commissaire européen Phil Hogan, venu participer à un forum régional du think tank Farm Europe organisé le 22 juin à Lans-en-Vercors.

« Nous avons fait la moitié du chemin pour la prise en compte des contraintes naturelles dans le cadre de la précédente réforme, il faudra finir le travail lors de la prochaine », a assuré le commissaire européen à l’agriculture venu le 22 juin à Lans-en-Vercors (France, Isère) participer à un forum régional consacré à la question des zones agricoles fragiles et intermédiaires organisé par le think tank bruxellois Farm Europe. Invité à rencontrer des producteurs locaux et à débattre avec les eurodéputés Michel Dantin (élu de la région) et Herbert Dorfmann (Italie) ainsi que le président du syndicat italien Confagricoltura, Massimiliano Giansanti, Phil Hogan a dressé la liste des outils déjà à la disposition des producteurs installés dans des zones intermédiaires ou de montagne. La mesure « zones soumises à des contraintes naturelles » dispose, dans la période de programmation actuelle, d’un budget de l’ordre de 25,5 milliards €, dont 29 % sont utilisés spécifiquement pour le soutien des zones de montagne.

Des outils disponibles…

« Outre l’aide générale au revenu par les paiements directs, le soutien au titre du développement rural peut être ciblé sur les besoins spécifiques des zones de montagne. Pour ne citer que les plus importantes de ces mesures : investissements, services de conseil et transfert de connaissances, aide à l’installation des jeunes agriculteurs, mesures agro-environnementales, coopération en rapport avec les partenariats d’innovation européens, création de groupements de producteurs, mise en place de circuits d’approvisionnement courts et de marchés locaux et mesures forestières », a rappelé le commissaire européen. De plus, dans le cadre des paiements directs, une partie des plafonds nationaux peuvent être utilisés comme soutien couplé dans certains secteurs ou régions particulièrement importants sur les plans économique, environnemental et/ou social.

Pour Herbert Dorfmann, ça ne suffit pas. L’eurodéputé a insisté sur la nécessaire convergence des niveaux d’aides directes au sein des États membres pour le maintien des productions en zones difficiles. Une telle convergence avait été proposée par la Commission européenne dans le cadre de la dernière réforme de la Pac, mais les États membres l’avaient rejetée.

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… mais trop complexes

Pour Farm Europe, dans les grandes lignes, les outils sont déjà disponibles pour les agriculteurs, mais la mise en œuvre est trop compliquée. Ce qu’il manque, c’est une bonne gouvernance pour leur permettre d’y avoir accès.

L’ensemble de ses travaux alimenteront le rapport du Global Food Forum 2017 qui sera remis en fin d’année à la Commission, au Conseil et au Parlement européen.

La Commission présentera le 7 juillet à Bruxelles les résultats de sa consultation publique sur l’avenir de la Pac qui doit servir de base à la communication sur la prochaine réforme normalement attendue pour la fin de l’année mais dont la présentation pourrait être retardée par les discussions sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE.