La sécurité alimentaire de l’UE n’est pas menacée, bien au contraire, par les propositions du règlement sur l’utilisation durable des pesticides, assure la Commission européenne qui vient de publier une étude complémentaire sur la question.
Les objectifs de réduction des pesticides proposés par la Commission européenne « ne menacent pas la sécurité alimentaire » malgré les impacts négatifs à court terme de la guerre en Ukraine, assure Bruxelles qui a publié le 5 juillet sa réponse à la demande formulée fin 2023 par les ministres de l’Agriculture de l’UE de données supplémentaires sur l’impact du règlement sur l’utilisation durable des Pesticides. Au contraire, ajoute-t-elle, tout échec à atteindre l’objectif de réduction des pesticides aura des effets à long terme et potentiellement irréversibles sur notre sécurité alimentaire à l’avenir. Selon la mise à jour annuelle des objectifs de réduction des pesticides publiée le même jour, les États membres ont déjà accompli en 2021 des progrès substantiels dans la réalisation des objectifs : -6 % de l’utilisation et des risques liés aux pesticides en 2020 et -33 % par rapport à la période de référence 2015-2017. L’utilisation de pesticides plus dangereux a, elle, augmenté de 5 % par rapport à 2020 mais globalement diminué de 21 % par rapport à 2015-2017. Ces tendances montrent que les objectifs de réduction fixés par la stratégie De la ferme à la table peuvent être atteints d’ici 2030, se félicite Bruxelles.
Les résultats de l’étude complémentaire sont toutefois jugés « alarmants » par les viticulteurs européens. Les projections montrent en effet des reculs de production estimés à 28 % pour les raisins en France, 20 % en Italie et 18 % en Espagne, soulignent l’assemblée des régions européennes viticoles (AREV), le Copa-Cogeca et l’EFOW (fédération européenne des vins d’origine) dans un communiqué commun. En effet, l’étude de la Commission européenne indique que les impacts les plus importants sur le rendement ont été identifiés pour « des cultures qui ont une importance limitée pour la sécurité alimentaire et animale, telles que les raisins, le houblon et les tomates ».
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Relance ?
Ce travail devrait permettre de relancer les discussions au Parlement européen et au Conseil de l’UE. Les eurodéputés de la commission de l’Agriculture sont déjà en train de finaliser des amendements de compromis en vue d’un vote de leur avis fin juillet. Puis la commission de l’Environnement, en charge du dossier sur le fonds, pourrait adopter sa position en septembre. « Maintenant que la Commission a fourni les données demandées, il n’y a plus aucune raison pour que certains États membres ou le PPE (droite) continuent d’entraver le processus d’adoption du règlement », espère la Verte autrichienne Sarah Wiener, rapporteure du Parlement européen sur ce règlement. L’Espagne qui vient de prendre la présidence tournante du Conseil de l’UE aura fort à faire pour finaliser une position commune des Vingt-sept d’ici la fin de l’année.