Le suisse Reitzel a noué des partenariats avec des agriculteurs français pour produire des cornichons commercialisés à partir de septembre sous la marque Le jardin d’Orante. Il répond à la demande des clients pour les produits locaux.
Le groupe familial suisse Reitzel, qui réalise la majorité de son activité dans l’Hexagone, relance la filière du cornichon français. Deux producteurs, dans la Sarthe et dans le Loir-et-Cher, ont accepté de relever le défi et de mettre en culture plusieurs hectares afin de produire des cornichons.
« La production de cornichons en France avait presque complètement disparu en raison du coût de la main-d’œuvre et de la possibilité de ne faire qu’une seule récolte par an », déclare Emmanuel Bois, directeur général France du groupe Reitzel. Il faut savoir que la production n’est pas mécanisable et que pour produire des cornichons de petit calibre, dont les Français sont friands, un passage quotidien dans les champs en été est indispensable. La production est très majoritairement asiatique aujourd’hui. Reitzel possède d’ailleurs ses propres fermes dans le sud de l’Inde où il a produit 24 150 tonnes de cornichons en 2015.
« Le cornichon français répond à une demande des consommateurs pour des produits locaux », selon Emmanuel Bois. Or, à part un producteur dans l’Yonne, sur un créneau haut de gamme, il n’y avait plus de cornichons français dans les GMS. Les 200 000 bocaux attendus cette année, soit 63 tonnes, vont permettre de confectionner deux références (210 g.) sous la marque Le jardin d’Orante, sur la base de recettes signées Marc Veyrat : le petit cornichon à l’estragon (PMC : 3,70 euros) et le gros cornichon aigre doux (PMC : 2,75 euros). Les bocaux seront en rayon en septembre, et si le marché répond favorablement, Reitzel compte bien accélérer le rythme. « Dans dix ans, nous pourrions très bien confectionner 630 tonnes de cornichons français, soit 3 % du marché en GMS », selon le directeur général France.
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La principale difficulté pour Reitzel a été de surmonter la question du coût. « Le prix au kilo du cornichon cultivé en France est cinq fois supérieur à celui du cornichon importé d’Inde », fait remarquer Emmanuel Bois. Et les frais industriels et de main-d’œuvre sont deux fois plus élevés. Pour parvenir à un prix accessible, soit entre 13 et 17 euros/kilo, « Reitzel a réduit d’un tiers sa marge sur ces deux références et la distribution a accepté de jouer le jeu », explique Emmanuel Bois. Les agriculteurs ont été convaincus grâce à une garantie sur le prix d’achat de la récolte et un accompagnement des agronomes de Reitzel qui supervisent les cultures en Inde. Si la production augmente en volume, des économies d’échelle pourront aussi être trouvées.
Dans les prochaines années, Reitzel ne s’interdit pas de mettre en conserve du cornichon français pour les marques de distributeurs qui le demanderaient. Les MDD représentent 58 % de l’activité de Reitzel en France (51,4 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015). Les condiments en MDD ont représenté 24 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2015, en recul de 6 %. En revanche, les deux autres canaux de diffusion, encore minoritaires, sont dynamiques : Le jardin d’Orante représente 5 millions d’euros (+41 %) et la RHF 8 millions d’euros (+20 %). Le groupe Reitzel a connu une année 2015 difficile, avec des ventes à 104,7 millions d’euros (contre 106,5 millions d’euros en 2014) à cause du recul des MDD, de la fermeture du marché russe et des questions de parités de monnaies (hausse du franc suisse et du dollar).