La FNSEA et les JA saluent « l’ambition » du plan de relance dévoilé par le gouvernement le 3 septembre, suivis par les représentants de l’aval. De leur côté, les syndicats minoritaires dénoncent un saupoudrage, ainsi que l’orientation politique.
Le plan de relance présenté par le gouvernement le 3 septembre constitue, via son volet agricole, « un premier pas pour tendre vers la souveraineté alimentaire », salue la FNSEA dans un communiqué le même jour. « Les attentes affichées figurent bien dans le plan, à une hauteur autorisant l’ambition », se félicite le syndicat majoritaire. « La voie de la souveraineté est maintenant tracée, mais il faut que l’intendance suive », prévient la FNSEA, qui sera « extrêmement vigilant [e] à la traduction du plan de relance dans les faits ».
Quant aux Jeunes Agriculteurs, ils « saluent l’ambition pour la jeunesse agricole », soulignant notamment que le plan de relance intègre une campagne de promotion des métiers (pour 10 M€), un « levier de recrutement identifié de longue date par JA ». « Le travail doit aussi continuer sur des dossiers d’envergure, comme la gestion des risques », rappelle leur président Samuel Vandaele.
« Maigre budget », selon la CR
À l’aval, c’est aussi la satisfaction qui prédomine, l’Ania (industriels agroalimentaires) saluant un plan de relance « historique » et un « signal fort donné à toutes les entreprises de l’alimentation ». La fédération souligne que le gouvernement « flèche 2,5 milliards d’euros » pour des projets permettant aux industriels « d’accélérer la modernisation de leur process de fabrication, d’augmenter leurs investissements pour répondre aux exigences environnementales ». Alors que ce plan est prévu sur les deux prochaines années, la Coopération agricole appelle à « investir […] au-delà de 2022 ».
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Les syndicats agricoles minoritaires, eux, sont plus critiques. La Coordination rurale « salue l’esprit » du plan de relance, mais dénonce le « maigre budget […] consacré à l’agriculture ». « 1,2 milliard, c’est vraiment bien dérisoire quand on sait que la ferme France sur-emprunte entre 5 et 10 milliards d’euros chaque année », estime Véronique Le Floc’h, vice-présidente de la CR. Pour la Coordination, « le gouvernement doit prendre en charge le désendettement des agriculteurs et inverser réellement la construction du prix agricole ».
De son côté, la Confédération paysanne regrette elle aussi « l’insuffisance des moyens », la « logique d’appels à projet » et l’orientation politique du plan. Le syndicat minoritaire salue toutefois les moyens prévus pour les projets alimentaires territoriaux (PAT), les filières territoriales et les « abattoirs mobiles et de proximité ». Mais « si le gouvernement ne revient pas sur sa politique de libre-échange et n’accompagne pas ce plan de mesures de protection – via la maîtrise et la régulation des marchés et des volumes –, il sera sans effet », prévient la Conf'.
Les coopératives appellent à « investir au-delà de 2022 »