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Oléoprotéagineux Remplacer les tourteaux de soja importés est possible, selon Valorex

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L’entreprise bretonne Valorex, spécialisée dans la thermo-extrusion de graines oléagineuses et protéagineuses à destination de l’alimentation animale et humaine, souhaite remplacer 100% des tourteaux de soja qu’elle importe par des productions françaises de protéines végétales. C’est lors d’une visite de son usine de Combourtillé en Ille-et-Vilaine, le 5 juin, que le directeur général de Valorex, Stéphane Deleau, a fait passer ce message. Entre contractualisation et verdissement de la Politique agricole commune, l’entreprise est confiante pour trouver d’ici une dizaine d’années ses besoins en protéines végétales dans l’Hexagone.

«Nous proposons des contrats sur deux ans avec un prix minimum garanti aux producteurs, indexé aux prix du colza ou du pois, pour les prémunir de la volatilité des cours et les inciter à s’engager dans ces productions », explique Stéphane Douabin, responsable des achats pour Valorex. Selon lui, les prix garantis dans les contrats tiennent aussi compte des cours du blé pour orienter les choix d’assolement et ne pas décourager les agriculteurs. L’objectif de Valorex : « Remplacer 100% des tourteaux de soja importés par des graines de lupins et de féveroles françaises », martèle Stéphane Deleau, directeur général de Valorex.

Un contexte favorable au changement
« Les cultures de lin, de pois, de féveroles ou de lupin constituent d’excellentes têtes de rotations et consomment peu d’intrants », souligne Stéphane Deleau, qui veut développer ces cultures sur le sol français. Une réponse toute trouvée aux nouvelles demandes de verdissement de la Politique agricole commune (Pac) qui va mettre l’accent sur les rotations culturales. De plus, ce retour à l’agronomie permet de casser les cycles des maladies et ravageurs, ce qui devrait aider à atteindre les objectifs du plan Ecophyto de réduction de l’utilisation des phytosanitaires. Pour remplacer les protéines végétales issues des tourteaux de soja d’importation, Valorex a élaboré un plan sur dix ans. La féverole et le lupin sont les protéagineux qui remplaceraient l’utilisation du soja. Stéphane Deleau estime ainsi que pour remplacer les 14 600 tonnes de tourteaux de soja que Valorex importe chaque année, il faudra « multiplier par 3,3 les surfaces de cultures protéagineuses sous contrat en France en dix ans », passant de 2 250 hectares à 9 712,2 hectares. « Ces cultures, apportant de l’azote aux parcelles, pourraient d’ailleurs trouver leur place dans les assolements avec le projet de verdissement de la Pac 2014-2020 », indique aussi Stéphane Deleau. Il a enfin mis l’accent sur l’amélioration du bilan carbone de l’entreprise liée à un approvisionnement local en protéines végétales, avec pour le seul transport des besoins actuels en soja brésilien de Valorex l’économie potentielle de l’émission de 2 352 tonnes d’équivalent carbone. Ces améliorations s’observeraient aussi au niveau des changements d’allocations des sols au Brésil en permettant à Valorex de ne pas participer à la déforestation du pays.

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