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Volailles Repli de l’offre et de la demande sur le marché français du canard en 2009

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La production de canards est en net recul en 2009, et ce depuis deux ans. Même tendance à la baisse pour la consommation intérieure de viande de canard et les exportations de viandes et préparations de canard sur les deux dernières années. Pourtant, selon les professionnels, les perspectives à long terme en matière de demande restent bonnes.

La production de canards (à rôtir et gras) semblait jusqu’à présent épargnée par la crise subie par l’ensemble des filières avicoles depuis une dizaine d’années, et ce grâce au dynamisme du foie gras. Pourtant, la baisse de production est générale en 2009, tant en canards gras qu’en canards à rôtir. Selon les chiffres de l’Itavi (Institut technique de l’aviculture), la production globale de canards est passée de 272 000 tonnes en 2007 à 242 000 tonnes en 2009.

Première année de baisse de production de foie gras
Après avoir connu une hausse de 4% par an sur les dix dernières années, la production de foie gras a diminué en 2009, en raison d’une recommandation de l’interprofession du foie gras (Cifog) qui a incité à maîtriser l’offre. « Il n’y a pas eu de signature de texte interprofessionnel. Cette recommandation a été faite dans l’intérêt de la filière afin de réguler les volumes. Mais cela s’est fait de façon volontaire », explique Marie Pierre Pé, secrétaire générale du Cifog. Une suggestion qui a entraîné le recul des mises en place de canetons en 2009. Pourtant, « le Cifog prévoit une stabilisation en 2010 pour les canards gras », rappelle Agnès Braine, de l’Itavi.
La production de canard à rôtir, quant à elle, reste sur la tendance à la baisse constatée depuis une dizaine d’années. Mais la cause n’est pas simplement structurelle, d’après les professionnels. « L’année 2009 a été compliquée, explique Gilles Le Pottier, directeur du Cicar (Comité interprofessionnel du canard à rôtir). On a dû gérer plusieurs phénomènes dont la déclaration de l’OIE (Organisation mondiale de la santé animale) de deux cas d’influenza faiblement pathogène, ce qui a beaucoup touché le bassin de production en Vendée. Et cela a eu des incidences sur les exportations à destination des pays tiers, notamment vers le Japon. »

Baisse globale de la demande, intérieure et extérieure
La baisse des exportations n’a pas simplement touché la filière des canards à rôtir. Elle est globale en 2009 (-6,4% par rapport à 2008), et ce pour la deuxième année consécutive. Quant à la demande intérieure, elle connaît également un ralentissement de sa croissance sur les deux dernières années. Selon les chiffres de l’Itavi, la consommation intérieure a baissé de 6% en 2009 par rapport à 2008. Et, contrairement à d’autres viandes de volailles bénéficiant d’un prix de détail en baisse, les prix du canard, eux, sont stables en 2009, selon Worldpanel TNS. Les achats de canard par les ménages se replient donc de 2,4%. « Après un début d’année difficile, il y a eu une amélioration en fin d’année. L’offre réduite en magret a été plus favorable à l’écoulement du maigre (canard à rôtir) », explique Gilles Le Pottier. En effet, selon l’Itavi, les ventes de filets de canard issus de la filière des canards à rôtir se sont redressées (3,7%) en 2009 tandis que celles de magrets issus de la filière gras se sont repliées à nouveau (-4,3%). Néanmoins, les professionnels prévoient des perspectives plus favorables à long terme en matière de consommation, en dépit du ralentissement de croissance ces deux dernières années. Notamment en raison des qualités gustatives et de l’image festive dont bénéficie la viande de canard.

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