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Réserve agricole : Bruxelles augmente les fonds disponibles de 80 M€ pour convaincre les réticents

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Ce sont 330 millions d’euros (et non plus 250 millions) qui vont être distribués aux 22 États membres qui n’ont pas encore profité des aides de la réserve agricole, a annoncé le commissaire européen à l’Agriculture. Janusz Wojciechowski espère que ce nouvel effort permettra de débloquer « dès la semaine prochaine » l’autre paquet de soutien, de 100 millions d’euros, destiné aux pays limitrophes de l’Ukraine.

Le commissaire européen à l’Agriculture a annoncé le 13 juin à l’issue de la réunion informelle des ministres de l’Agriculture de l’UE, qui se tenait durant trois jours à Stockholm, que le montant de la réserve agricole pour 2023 allait être porté à 530 millions (au lieu de 450 millions normalement prévus). Ce sont donc 330 millions d’euros (et non plus 250 millions) qui vont être distribués aux 22 États membres qui n’ont pas encore profité de ces fonds. « Nous avons eu l’occasion d’accroître le montant disponible », s’est félicité Janusz Wojciechowski. Des fonds récupérés dans les marges du budget agricole. Les clefs de répartition de ces fonds sont en cours de finalisation. « Nous attendons encore quelques informations complémentaires de la part des États membres, mais tout est prêt pour que la décision soit adoptée la semaine prochaine », a assuré le commissaire. Cette décision comprendra à la fois le paquet de 330 millions d’euros (qui pourrait en priorité aller aux pays du sud de l’UE touchés par la sécheresse) ainsi que le précédent paquet de 100 millions d’euros, annoncé depuis avril, destiné à cinq pays limitrophes de l’Ukraine mais toujours bloqué.

Le Français Marc Fesneau souligne que la Commission européenne devra « documenter et expliciter » la manière dont les fonds seront distribués. Les discussions sur les clefs de répartitions sont en cours. La distribution devrait s’appuyer sur la répartition proportionnelle des paiements directs entre les différents pays mais aussi les besoins de secteurs spécifiques particulièrement touchés ces derniers mois.

Comme depuis plusieurs semaines, la France demande des aides principalement pour le secteur viticole mais aussi pour le bio, la Belgique pour ses producteurs de pommes et de poires et les pays baltes pour leur secteur laitier. Le ministre espagnol Luis Planas attend un retour « dans les meilleurs délais » pour aider ses agriculteurs à faire face à la sécheresse. « Ce n’est pas seulement une question budgétaire mais aussi de symbole politique », a-t-il précisé le 11 juin à quelques journalistes. La réserve agricole pour 2023 a déjà été mobilisée à deux reprises : à hauteur de 56 millions d’euros pour trois pays de l’UE limitrophes de l’Ukraine (Pologne, Roumanie et Bulgarie) et à hauteur de 44 millions d’euros pour soutenir les éleveurs de volaille affectés par la grippe aviaire (Italie et Pologne).

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Demandes de clarifications

Mais Marc Fesneau exige aussi des réponses de la Commission européenne sur la justification de l’activation de la clause de sauvegarde permettant aux États membres d’Europe de l’Est d’interdire l’importation sur leur territoire de céréales ukrainiennes. « Un mois après l’envoi d’une lettre signée par quatorze États membres, nous sommes en droit d’avoir une réponse », estime-t-il. Sans quoi ces pays ne donneront pas leur feu vert au déblocage de l’enveloppe de 100 millions d’euros prévue pour les pays limitrophes de l’Ukraine. « On ne peut pas rester insensible ni inactif » face aux difficultés rencontrées par ces pays, « mais cela ne peut être au prix de la dislocation de la construction européenne, il faut qu’on cesse les mesures unilatérales, le chacun pour soi », prévient Marc Fesneau qui s’est toutefois félicité que la clause de sauvegarde n’ait été prolongée que jusqu’au 15 septembre (au lieu du 15 octobre initialement proposé par le commissaire européen à l’Agriculture).

« J’ai déjà apporté des clarifications de nombreuses fois » quant aux raisons justifiant l’octroi de cette enveloppe de 100 millions d’euros, s’est agacé en conférence de presse Janusz Wojciechowski qui promet une issue rapide au dossier.