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Résidus de pesticides : les eurodéputés refusent un relèvement des limites maximales pour faciliter les importations

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La commission de l’Environnement du Parlement européen a adopté (par 44 voix contre 31 et 5 abstentions) le 21 avril une résolution s’opposant à la proposition de la Commission européenne de relever sensiblement les limites maximales autorisées de résidus (LMR) de certains pesticides dans ou sur certains produits alimentaires. Sont concernées les LMR de cycloxydime, de flonicamide, de haloxyfop, de mandestrobine, de mépiquat, de Metschnikowia fructicola souche NRRL Y-27328 et de prohexadione. Selon les eurodéputés, le relèvement de ces LMR est basé sur des demandes d’alignement normatif de la part de pays tiers. Par exemple, pour l’haloxyfop, il s’agirait de permettre l’importation de graines de lin d’Australie, et pour la mandestrobine l’importation de fraises et de raisins d’Australie et du Canada.

Avant le vote, le représentant de la Commission européenne avait fait valoir que ce relèvement des LMR avait bénéficié d’un avis favorable de l’Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa). « Certaines restrictions sont prévues en lien avec la pollution de l’eau, mais il n’y a pas de preuve que cette pollution existe en Australie. L’Efsa a confirmé que les LMR sont sûres pour la santé et l’environnement », a-t-il indiqué. Le président de la commission parlementaire, Pascal Canfin, a appelé la Commission à retirer sa proposition. « Les règles de libre-échange ne devraient jamais conduire à une baisse des normes de protection de l’Union européenne. Les limites maximales de résidus ne doivent pas être considérées comme un obstacle, bien au contraire », a commenté pour sa part l’eurodéputé Eric Andrieu.

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Foodwatch dénonce un effet boomerang

Dans une pétition européenne lancée le 17 avril, l’ONG Foodwatch appelle les citoyens de l’UE à s’opposer au « véritable boomerang empoisonné que les lobbies défendent plus que jamais en cette période de crise du Covid-19 » : les pesticides dont l’Europe interdit l’usage à cause de leur toxicité et des dangers pour la santé et l’environnement sont pourtant fabriqués puis exportés vers des pays où les réglementations sont moins strictes, utilisés notamment en Afrique de l’Ouest, en Amérique latine, pour la production de fruits, légumes, céréales que nous importons ensuite dans l’Union européenne. « Les tentatives de la Commission européenne pour faire appliquer des règles plus strictes aux produits importés ont échoué jusqu’à présent à cause de la pression écrasante des lobbies de Bayer-Monsanto & Co », dénonce Foodwatch.