Une quinzaine de ministres de l’Agriculture de l’UE a soutenu la demande de la France de proposer d’ici la fin de l’année une révision du règlement européen sur les limites maximales de résidus de pesticides (LMR) pour que les molécules interdites dans l’UE voient systématiquement leur LMR ramenée à la limite de détection. « Ce principe doit devenir notre norme », a insisté la ministre française, Annie Genevard, estimant que le règlement LMR qui date d’une vingtaine d’années « repose sur approche basée sur les risques qui est devenue incohérente ». La tolérance européenne est d’autant plus alarmante que certaines de ces substances actives sont classées comme perturbateurs endocriniens, mutagènes, cancérigènes ou reprotoxiques, précise le document préparé par la France pour l’occasion.
La Commission européenne s’est engagée à présenter des mesures en la matière sur la base d’une étude d’impact. « Les pesticides les plus dangereux qui ne sont pas interdits dans l’UE pour des questions environnementales et sanitaires doivent être interdits dans les importations », a confirmé le commissaire européen à la Santé, Oliver Varhelyi, en charge du dossier. Et pour les autres LMR, il a dit partager les préoccupations des ministres promettant d’examiner « les possibilités de mettre en œuvre ce principe dès cette année ».
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Ces dernières années, la Commission européenne a déjà ramené (que ce soit de son propre chef ou contrainte par le Parlement européen) les LMR de plusieurs produits phytosanitaires à zéro, d’abord avec les néonicotinoïdes thiaméthoxame et clothianidine, puis plus récemment avec le thiaclopride et le tricyclazole.
Certains États membres, le Portugal notamment, ont toutefois prévenu qu’il faudrait se montrer vigilant pour que cette réciprocité ne soit pas vue comme du protectionnisme et qu’il faudrait donc « prévoir des exceptions lorsqu’il n’y a pas d’alternative suffisante » par exemple pour des denrées que l’UE ne produit pas comme le café ou les fruits exotiques.