Les experts climatologues – et la position du Giec devait le confirmer le 6 avril – sont à peu près formels : si le réchauffement climatique est en grande partie dû à l’activité des grands pays industrialisés, les principaux dégâts se situeront chez les pays en voie de développement. L’inégalité de situation se confirme notamment en agriculture. Alors qu’un pays comme la France devrait avoir les moyens de maîtriser les risques du réchauffement, éventuellement d’en tirer quelques profits, ce ne sera pas du tout le cas des pays du Sud. D’une part, ils ont une position géographique où le réchauffement et la sécheresse devraient être bien plus radicaux et provoquer plus de dégâts ; d’autre part ils sont loin d’avoir les moyens financiers, technologiques et humains nécessaires pour trouver des parades.
Si l’on mesure les conséquences économiques et sociales du phénomène du réchauffement, cette inégalité est quasiment insoutenable sur le plan moral. Nous, le Nord, sommes les principaux responsables d’un phénomène dont les victimes se situeront essentiellement au Sud.
Cela seul justifierait une mobilisation sans précédent pour aller porter assistance aux régions fragilisées.
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Les agriculteurs occidentaux sont concernés au premier chef. Avec leurs organisations et leur savoir-faire, ils ont largement les moyens d’aider leurs homologues du Sud de la planète. Ce serait d’autant plus justifié que les paysans du Nord ont, eux aussi, profité de l’essor industriel de leurs pays. Un essor qui leur a apporté des équipements, de l’agrochimie et des consommateurs pour leur acheter leurs produits.
C’est une évidence : les paysans du Nord ne peuvent pas rester insensibles aux dégâts que le changement climatique provoquera dans le Sud.