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LÉGUMES TRANSFORMÉS Retour à la case départ pour la Compagnie bretonne de l’artichaut

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Alors que la SICA Saint-Pol clamait être définitivement sortie de la surgélation du légume par la vente de la Compagnie bretonne de l’artichaut (CBA) au leader du secteur en Europe, Ardo, celui-ci vient de faire savoir qu’il ne souhaite pas finaliser l’opération.

Seul un protocole d’accord avait été signé : il a été dénoncé fin mars par le directeur général France du groupe belge Ardo, Claude Villain. Tenu par « un accord de confidentialité », ce dernier se refuse pour l’instant à tout commentaire. Le directeur de la SICA Saint-Pol, Henri Moal, lui, se fait un peu plus disert. Il explique que le protocole d’accord avait été arrêté le 17 février et devait être entériné le 1er avril avec cession totale à Ardo des actions détenues par la SICA. L’opération était soumise à deux conditions suspensives : que la DGCCRF (direction générale de la concurrence et de la répression des fraudes) donne son feu vert à l’opération qui consolide la première place du Belge sur le marché, et que la SICA trouve une solution industrielle à l’atelier appertisé de la CBA. Selon Henri Moal, les deux conditions ont été satisfaites — la partie conserve a été rachetée par CECAB-d’Auçy — et rien ne devait s’opposer à la cession. Claude Villain a estimé, au contraire, que des éléments nouveaux l’autorisaient à refuser en dernier ressort la réalisation de l’opération, sans vouloir en dire plus.

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REDRESSEMENT DRASTIQUE

Le directeur de la SICA dévoile qu’Ardo a prétexté « l’état financier de la société et l’état de l’outil » pour refuser la vente. « Nous n’avons jamais caché les difficultés de la société et avons même proposé à Ardo de prendre à notre charge les pertes d’activité ». La SICA Saint-Pol a confié le dossier à ses avocats. Désormais, il n’est plus question, aux yeux d’Henri Moal, de remettre la société en vente sans « un redressement drastique ». La Compagnie bretonne de l’artichaut emploie près de 200 personnes sur deux sites, à Saint-Pol-de-Léon pour l’artichaut et à Plouénan pour le site principal qui gère tous les légumes. En 2003, l’entreprise a traité 20 000 tonnes pour un chiffre d’affaires de 28 millions d’euros. Mais elle affiche des pertes chroniques, selon Henri Moal qui souligne que la restructuration est « la condition de survie » de la société. De son côté Ardo surgèle 400 000 tonnes de légumes en Europe pour un chiffre d’af-faires de 380 millions d’euros. Il dispose en France de trois usines dans le Morbihan, les Landes et le Pas-de-Calais où il traite près du quart de sa production (120 000 à 130 000 tonnes).