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Reus’eat transforme les drêches de bières en couverts compostables

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Reus'eat fabrique ses couverts grâce à des machines de plasturgie. Crédits : © Reus'eat

Les drêches de bières, co-produits de l’industrie brassicole, peuvent notamment servir d’ingrédients à la fabrication de couverts pour la restauration à emporter comme le démontre la start-up Reus’eat. Une solution alternative à l’heure de l’interdiction du plastique et de l’intérêt pour le végétal et les circuits courts.

Lancés début 2022 après deux ans de R&D et une année d’industrialisation, les couverts Reus’eat poursuivent leur percée sur le marché des couverts jetables. Un marché qui connaît de grands changements puisque la loi sur l’interdiction du plastique jetable dans la restauration oriente les acheteurs vers des solutions à partir d’ingrédients alternatifs, souvent d’origine végétale. Mais les couverts en bambou ou bouleau, de plus en plus vendus, présentent des inconvénients : désagréables en bouche et confectionnés à partir de ressources très éloignées, souvent en Asie.

C’est de ce constat qu’est partie la start-up lyonnaise Reus’eat, créée par Marie Nagy, ingénieure agroalimentaire et Armand Ferro, ingénieur généraliste, tous deux passés par l’EM Lyon. « Nous avons mis au point un procédé exclusif à partir de drêches de bières et d’un liant naturel qui permet d’obtenir des couverts solides et compostables à domicile, sans recourir à une filière industrielle de compostage », souligne Marie Nagy. Des démarches ont même été entreprises pour obtenir le label Ok Compost Home, qui devraient se concrétiser « dans les prochains mois. »

Les drêches de bières, qui sont abondantes sur le marché puisque 300 kg sont générées pour 1000 litres de bière, sont achetées sous forme de farine pour être mélangées au liant. La pâte obtenue est ensuite formée dans des machines identiques à celles utilisées en plasturgie. « Notre process est facile à mettre en œuvre car il utilise les machines déjà existantes en plasturgie, et c’est ce que nous faisons en travaillant à façon avec un plasturgiste », souligne Marie Nagy.

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Circuit court en Région Auvergne-Rhône-Alpes

L’idée de travailler une matière première déjà disponible sur le marché et peu valorisée est couplée à l’objectif d’être le plus vertueux d’un point de vue environnemental. Ainsi, les différentes étapes de fabrication se concentrent dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes : les drêches proviennent de la micro-brasserie Caribrew de Soucieu-en-Jarrest (Rhône) et sont transformées en farine par Maltivor sur le site de Vourles (Rhône), la formulation est réalisée à Clermont-Ferrand, et la fabrication à Thiers.

Les ventes, dont le montant n’est pas divulgué, sont orientées vers la restauration à emporter, les traiteurs et les magasins biologiques. La société collabore aussi avec la chaîne de restaurants et marque de bière Ninkasi. Elle travaille à l’extension de sa gamme, regardant notamment vers la vaisselle et plus largement les contenants alimentaires à emporter qui peuvent être fabriqués avec les mêmes matières premières et le même process industriel que les couverts.