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Ovins Revalorisation de la production ovine en France

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Les prix à la production progressent en 2011 et atteignent des niveaux jamais atteints en 10 ans. Les abattages d’ovins augmentent également. Il n’en reste pas moins que le maintien d’une production sur le territoire demeure une préoccupation pour les professionnels.

Dans les grandes surfaces, le prix moyen de l’agneau au détail en 2011 est de 13 euros le kilo, soit une progression de 5,3% par rapport à 2010 selon l’Institut de l’élevage (Idele). Même tendance positive pour le prix à la production qui atteint 6,11 euros le kilo, soit une hausse de 5% par rapport à 2010. Le prix à la production de la viande ovine en France atteint des niveaux jamais atteints depuis 10 ans. Dans le même temps, la consommation a, elle, diminué de 3% en 2011 par rapport à 2010. Pour rappel, les achats des ménages en viande ovine sont réalisés à 70% en grande distribution et à 30% dans les boucheries et les marchés. Et la baisse de la consommation s’est révélée plus marquée en grande distribution car il y a un aspect traditionnel pour les ventes en boucherie qui fidélise la clientèle davantage qu’en grande distribution. Ainsi, selon les experts d’Idele, « les achats ont reculé de 8% en grande distribution et de seulement 2,5% en boucherie ».
Si la consommation nationale diminue en 2011, il n’en reste pas moins que les éleveurs ont une opportunité à saisir pour valoriser leur production. « Nous importons plus de la moitié de ce que nous consommons », constate Anne Mottet, chef de projet conjoncture ovine d’Idele. Parallèlement, la Nouvelle-Zélande et l’Australie sont en recul sur le marché mondial depuis deux ans. Et leur retour n’est pas attendu par les experts d’Idele en 2012, car ils entrent dans une phase de recapitalisation du cheptel. Et quand bien même ils augmenteraient les disponibilités à l’export, « la demande asiatique devrait continuer de progresser, creusant les disponibilités pour le marché européen », lit-on dans un communiqué de presse de l’Institut de l’élevage du 2 mai. En 2011, la filière ovine a pu « profiter » de cette conjoncture. Les abattages ont augmenté de 3% en 2011, ce qui n’avait pas été observé depuis les années 1980. Néanmoins, pour 2012, les experts d’Idele tablent sur un recul du cheptel et des abattages (-2%).

Reconquête ovine en cours

Pour faire face à cette déprise, la filière s’est penchée sur la question du maintien d’une production sur le territoire et l’installation des jeunes dès 2009, en initiant le programme Reconquête ovine. Et fin 2011, le bilan mi-parcours semble positif. « En termes d’installation, nous avons constaté que les jeunes demandent plus d’informations sur le métier et plus de stages dans les exploitations d’ovins », rapporte Pierre-Guillaume Grisot, chargé de mission Reconquête ovine à la FNO (Fédération nationale ovine). Par ailleurs, les professionnels de la filière observent des initiatives de développement d’élevage d’ovins dans des régions céréalières. De fait, un atelier d’élevage d’ovins peut « justifier l’embauche d’un salarié tout au long de l’année et pas seulement au moment de la récolte ». En outre, il apporte un revenu supplémentaire et diversifié selon Pierre-Guillaume Grisot.
Pour rappel, un bilan à mi-parcours du plan Reconquête ovine avait été dressé fin 2011. Alors que pour la première période du programme 2009-2011, la priorité avait été mise sur le socle technique, depuis début 2012, le socle installation vient s’ajouter aux objectifs de la Reconquête ovine. Concernant le financement, l’expert précise que les pouvoirs publics se sont engagés à financer à hauteur de 100 000 euros par an le plan programmé sur la période de 2009 à 2014. « Cette part de financement est utilisée pour l’animation principalement », ajoute-t-il. Car les financements sont surtout assurés par les structures locales. Difficile donc de centraliser et de quantifier le financement total du plan de reconquête ovine qui se poursuivra au-delà de 2014, prévu pour le moment, sans l’aide financière des pouvoirs publics.

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