Réunis en commission de l’Agriculture, des eurodéputés ont exhorté la Commission européenne à redéclencher la clause de sauvegarde, qui a expiré en janvier, sur les importations de riz indica en provenance du Cambodge et de Birmanie. Bruxelles a seulement indiqué qu’elle était en train de réévaluer sa pertinence dans le contexte du système des préférences généralisées.
En raison de l’expiration en janvier de la clause de sauvegarde qui avait été déclenchée 2019 sur le riz indica en provenance du Cambodge et de Birmanie, des eurodéputés de la commission de l’Agriculture ont appelé le 22 mars la Commission européenne à la réactiver sans délai. Cette mesure a imposé pendant trois ans un droit de douane de 175 €/tonne progressivement réduit à 150 €/t en 2020 et 125 €/t en 2021. Les pays producteurs de l’UE (Italie, Espagne, Grèce…) dénonçaient l’augmentation de 89 % des importations de riz indica à bas prix sur les cinq campagnes précédentes. Une situation qui fragilisait la compétitivité de leurs producteurs.
Appel à son renouvellement
Au regard de la vulnérabilité du secteur, Clara Aguilera (S & D, Espagne) soutenue par d’autres eurodéputés, exhorte Bruxelles « à réactiver la clause de sauvegarde et à prendre de suite des mesures d’urgence ». « Si aucune décision n’est prise, la prochaine décennie sera la dernière pour la production européenne de riz », alerte-t-elle. Sa collègue Mazaly Aguilar (Conservateurs, Espagne) a indiqué qu’« il était important au nom de la sécurité alimentaire d’identifier des mesures budgétaires et fiscales adaptées pour les entreprises européennes afin qu’elles puissent continuer d’investir dans l’outil de production dédié à la culture du riz. Une idée serait d’utiliser une partie du plan de relance européen pour l’irrigation pour faire face notamment à des épisodes de sécheresse comme en Espagne. C’est la meilleure voie pour être autosuffisant ».
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De son côté, la Commission européenne a indiqué que « la DG commerce est train de réexaminer la réactivation de la clause de sauvegarde dans le contexte du système des préférences généralisées ». Toutefois, elle a expliqué que « cette mesure a eu finalement peu d’impact sur la diminution de la quantité de riz importée étant donné que par effet de cascade cela a augmenté les importations de riz japonica ».
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Par ailleurs, la Commission européenne prévient que « pour la renouveler, différents éléments doivent impérativement être pris en compte à savoir le déficit structurel de l’UE, la demande en riz de l’industrie alimentaire, les demandes des cultivateurs européens mais aussi la décision du Tribunal de l’UE (le Cambodge et ses producteurs de riz ayant fait appel pour condamner le déclenchement de la mesure de sauvegarde) ». « Difficile de trouver un équilibre entre toutes ces exigences, » estime l’exécutif européen.