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Glaces/Stratégie Rolland-Flipi, roi des MDD en France, veut muscler son exportation

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Après avoir repris les glaces Paladine, la société Rolland-Flipi a investi dans un laboratoire de R&D performant où sont conçues les différentes nouveautés susceptibles de séduire les palais tant français qu’étrangers.

Pour Yves Rolland, p.-d.g. de la SAS Rolland (Plouédern, Finistère), spécialiste des glaces pour des marques de distributeurs, la croissance passe forcément par l’exportation. Les équipements en froid, nécessaires à la bonne conservation des produits, ne peuvent être saturés qu’en période de canicule, comme en 2003. Pour les amortir en année normale, il convient donc de disposer d’autres marchés.

Rolland également appelé Rolland-Flipi, numéro 3 en France derrière les géants Miko (groupe Unilever) et la Laitière (Nestlé), détient 11 % des parts du marché français avec 45 millions de litres de glaces fabriquées en 2004 pour un chiffre d’affaires de 66,5 millions d’euros.

Depuis quatre ans, son chiffre d’affaires à l’exportation ne cesse de progresser. «  De 10 % en 2000, il a atteint 20 % l’année dernière et nous avons pour objectif de réaliser 22 à 23 % en 2005 », commente Yves Rolland.

Rolland-Flipi qui réalise 80 % de son chiffre d’affaires sous marques de distributeurs se fait référencer par les enseignes françaises dans leurs implantations à l’étranger. « Nous sommes présents en Grande-Bretagne, Belgique, Allemagne, Suisse, Luxembourg, Espagne, Italie, Portugal, et aussi en Croatie et en République tchèque. » Son service commercial lorgne aussi la Russie. Rolland collabore également sous licence avec de grandes marques, telles « Poulain 1848 », « Carambar », « Cadbury » ou encore « Action Man » qui promeut ses jouets par les glaces. La laiterie apporte même son savoir faire à un industriel algérien au travers d’un contrat de licence spécifique. Quant à sa marque « Flipi », elle n’occupe guère que quelques linéaires dans les GMS.

Fort développement dans les années 1990

La PME bretonne de 450 salariés parvient à satisfaire ses clients par une organisation unique, de la production du lait (35 millions de litres collectés à 150 kilomètres autour de Plouédern) à la réalisation du packaging, selon les volontés du client.

«  D’industriel laitier que nous étions, laitier glacier nous sommes devenus ». Cette petite phrase d’Yves Rolland inscrite sur le site internet de la société résume à elle seule la philosophie de l’entreprise, dans la glace depuis 1977.

L’entreprise s’est fortement développée dans les années 1990 et elle dispose aujourd’hui de 72 000 mètres cubes de froid négatif, «  ce qui permet de répartir les stocks pour éviter les risques », précise Yves Rolland. Plus récemment (2004), Rolland-Flipi a pris le contrôle de Paladine, petit fabricant de glaces situé dans la Vienne. Hormis la production (62 salariés gardés sur place), toutes les fonctions de l’entreprise ont été transférées vers Plouédern. Du fait de ses capacités de production -5000 litres de « mix » (lait, crème, sucre, ingrédients) par heure-, deux fois inférieures à celles de Rolland-Flipi, Paladine s’est vu confier certaines fabrications, les spécialités à partager notamment.

Parallèlement, Rolland-Flipi a mis en place une démarche qualité visant à satisfaire en permanence ses clients. Rolland-Flipi applique dans tous les services de l’entreprise les critères d’un plan HACCP strict.

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La créativité, maître mot du glacier

La laiterie possède depuis le début de l’année un laboratoire en recherche et développement performant, construit pour un peu plus de 1 million d‘euros. «  Nous sommes sur un métier de mode et devons renouveler chaque année près de 20 % de nos références », précise le p.-d.g.

Dans le laboratoire, neuf personnes élaborent des préséries de laboratoire et des préséries industrielles, toujours selon le cahier des charges du client. Tout à côté, deux techniciens graphistes imaginent et créent les conditionnements qui emballeront les glaces.

Avec près de 800 références, le laboratoire en R & D a du pain sur la planche. «  Il nous faut nous adapter en permanence : les cônes sont ici en boîte de six, là en boîte de quatre, les parfums se démodent vite et certains emballages sous marques de distributeurs doivent s’apparenter aux marques leaders. »

Le laboratoire de R & D doit faire preuve de créativité permanente, sous peine d’être dépassé par les concurrents, tels « Frigécrème » ou « Pilpa », et de ne pas satisfaire les clients étrangers. Car il en va pour la glace comme pour d’autres produits alimentaires : chaque pays a ses habitudes de consommation.

L’Allemand apprécie sentir le goût du beurre dans la glace. L’Italien ne mange que de la glace vanille de couleur blanche. Grâce à son laboratoire, Rolland-Flipi peut plus facilement développer de nouveaux produits, comme ces glaces allégées fabriquées depuis cette année pour la Grande-Bretagne notamment, mais pas pour la France.

Quelles que soient les recettes nouvelles et innovantes inventées dans son laboratoire de recherche et développement, un glacier a besoin d’un bel été pour développer ses ventes. En 2003, année de canicule, Rolland-Flipi avait vendu 45 millions de litres.

Il avait acheté Paladine dans la foulée (5 millions de litres et 16,5 millions d’euros de chiffre d’affaires), mais l’été 2004, particulièrement maussade n’avait guère incité à la consommation de glaces. Rolland-Flipi n’en a vendu que 40 millions de litres l’année dernière. Aussi, lorsqu’on lui demande ses prévisions de vente, Yves Rolland, prudent, ne peut que regarder le ciel.