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Chimie du végétal Roquette démarrera une production de plastique végétal à l’automne 2011

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L’amidonnier Roquette démarrera une production de plastique végétal à l’automne prochain, entre autres à partir de fécule de pommes de terre, a annoncé Michel Serpelloni, directeur du programme « plastiques végétaux » chez Roquette, le 17 mars à l’assemblée générale du GIPT, le Groupement interprofessionnel pour la valorisation de la pomme de terre.

Le numéro un français de l’amidonnerie démarrera une production d’environ 25 000 tonnes de résines par an destinée aux plasturgistes, a confié Michel Serpelloni à l’assemblée générale du GIPT. Les substrats matières premières seront en partie le blé, et en partie, dans le futur, de la fécule de pommes de terre. En effet, « nous avons décidé d’étudier systématiquement l’incorporation de la fécule comme nouvelle matière première d’hémi-synthèse car la fécule a l’avantage d’être d’une grande pureté chimique », a-t-il ajouté. Pour utiliser massivement de la fécule, il faudra mettre au point un procédé de synthèse qui en retire l’eau, qui y est présente à un taux de 18%.

La voie féculière nécessite moins d’hectares que la canne à sucre
La fécule présente l’avantage agronomique et écologique d’être produite localement, et l’avantage économique de nécessiter moins d’hectares que la canne à sucre pour produire des plastiques végétaux, a ajouté Michel Serpelloni. En effet, pour fabriquer 100 tonnes de résine, il faut, par la voie classique du polyéthylène, 530 tonnes de sucre, soit 33 hectares de canne à sucre, avec une importante perte de matière sous forme de CO2 dans le procédé de fermentation et de production d’éthylène. Alors que pour fabriquer la même quantité de résine, avec la voie de l’hémisynthèse de l’amidon, développée par Roquette, il faut seulement 8 hectares de blé, car ce procédé valorise totalement l’amidon par sa conversion directe en plastique végétal. Avec de la fécule, cinq hectares de pommes de terre seraient suffisants, a-t-il précisé. Dans la compétition mondiale pour les plastiques renouvelables, la voie féculière peut notamment convenir à des pays ou des continents, comme l’Europe, qui n’ont pas autant de surfaces de terres arables que l’Amérique du Nord ou du Sud.
Ce procédé de fabrication de résines, baptisé Gaïalène, a reçu un prix, un « Award d’innovation », le 15 mars au 4e congrès des plastiques végétaux à Cologne. Ce trophée a été remis par le centre de recherche allemand Nova Institute.

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