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Royaume-Uni/Inde : conclusion d’un accord de libre-échange

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Alors que l’UE peine à finaliser ses discussions avec l’Inde, le Royaume-Uni lui a grillé la politesse en annonçant le 6 mai un accord de libre-échange avec New Dehli. Celui-ci prévoit plusieurs réductions de droits de douane, notamment sur le whisky, tandis que la filière sucre, elle, en est exclue.

« C’est le plus gros accord commercial conclu par le Royaume-Uni depuis que nous avons quitté l’UE », a réagi le Premier ministre britannique, Keir Starmer, à l’annonce, le 6 mai, de la conclusion d’un accord de libre-échange avec l’Inde après plusieurs années de négociations. Alors que, de son côté, Bruxelles peine à finaliser ses pourparlers avec New Dehli, cet accord est qualifié de « jalon historique » par le Premier ministre indien dans un contexte de tensions commerciales croissantes au niveau mondial. D’une manière générale, cet accord prévoit que 85 % des droits de douane indiens sur les importations du Royaume-Uni seront réduits à zéro d’ici à dix ans. Alors que l’Inde est un marché complexe pour les importateurs de vins et spiritueux, le texte prévoit une réduction des droits sur le whisky et le gin de 150 % à 75 % puis à 40 % après dix ans. « Cet accord pourrait accroître les exportations de whisky écossais vers l’Inde d’un milliard de livres sterling au cours des cinq prochaines années et créer 1 200 emplois au Royaume-Uni », s’est réjoui Mark Kent, directeur général de la Scotch Whisky Association. Par ailleurs, d’autres produits agroalimentaires devraient bénéficier d’une réduction des tarifs douaniers comme le saumon, le chocolat, les biscuits et l’agneau. « Nous sommes ravis de constater l’issue équilibrée et réfléchie des négociations commerciales avec l’Inde », s’est ainsi félicité Tom Bradshaw, le président de la NFU, principal syndicat agricole britannique.

Sans sucre ajouté

Et le syndicat britannique d’ajouter : « Les ministres ont clairement écouté nos préoccupations concernant le respect des normes de production du Royaume-Uni et l’importance de protéger nos secteurs agricoles les plus sensibles. » Londres soutient qu’aucun élément de l’accord ne va compromettre « les normes alimentaires élevées du Royaume-Uni ». Les importations indiennes devront toujours respecter les normes britanniques en matière de sécurité alimentaire et de biosécurité. En outre, un mécanisme de « sauvegarde bilatérale » est prévu afin d’augmenter temporairement les droits de douane ou de suspendre les concessions tarifaires en cas de forte hausse des importations « engendrant ou menaçant d’engendrer un préjudice grave à l’industrie nationale ».

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Lire aussi : Sucre : la filière s’inquiète du retour des négociations avec l’Inde

Enfin, l’accord exclut de la libéralisation certains secteurs, tels que le sucre, le riz blanchi, le porc, le poulet et les œufs. Une décision saluée par la NFU qui avait fait de l’exclusion du sucre de l’accord une demande clé depuis le début des négociations en 2022.