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S. Royal demande l’interdiction des néonicotinoïdes dans l’Union européenne

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La 21e édition du congrès des apiculteurs à Clermont-Ferrand du 27 au 30 octobre a été l’occasion pour la ministre de l’Écologie de revenir sur les néonicotinoïdes. Elle a demandé une extension de leur interdiction française à l’ensemble du territoire européen.

La ministre de l’Écologie Ségolène Royal a demandé une extension de l’interdiction des néonicotinoïdes à l’ensemble du territoire européen, a rapporté l’Unaf (apiculteurs) dans un communiqué, le 3 novembre. Présente au congrès national des apiculteurs du 27 au 30 octobre à Clermont-Ferrand, la ministre a été longuement applaudie par un amphithéâtre comble. De fait, l’interdiction des néonicotinoïdes sur le territoire français à compter de septembre 2018 est une des réalisations du mandat de Ségolène Royal la plus appréciée des apiculteurs… sans doute, la moins des agriculteurs.

La demande d’extension à l’échelle européenne a son importance, alors qu’un des arguments des opposants à l’interdiction française est la distorsion de concurrence avec les agriculteurs européens autorisés, eux, à utiliser des néonicotinoïdes. L’extension à l’échelle de l’Union européenne ferait table rase de la distorsion de concurrence avec les autres agriculteurs européens. Par ailleurs, inscrite dans la loi biodiversité, l’interdiction française pourra être évitée avec des dérogations jusqu’en 2020. La ministre a insisté devant les apiculteurs réunis à Clermont-Ferrand : « Il faut rester vigilant sur ces dérogations. »

10 M€ pour des alternatives

Ségolène Royal ne s’arrête pas là pour faire reculer la ferveur des opposants à l’interdiction. Elle a annoncé un « crédit de 10 millions d’euros pour le financement d’alternatives aux néonicotinoïdes. » Le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll l’avait souvent répété lors des débats parlementaires de la loi biodiversité : il faut des alternatives pour ne pas laisser les producteurs au pied du mur. Il était d’ailleurs opposé « à une interdiction brutale » de ces phytos. Si les apiculteurs applaudissent Ségolène Royal et boudent Stéphane Le Foll, le plan Ecophyto 2 porté par le ministère de l’Agriculture voit son enveloppe financière revalorisée de 41 à environ 71 millions d’euros à compter de 2016. Ce plan fixe pour objectif la réduction de 50 % de l’utilisation de phytos en 2025. Pour y parvenir, le développement d’alternatives aux phytos figure parmi les priorités.

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Un décret pour lutter contre le frelon asiatique

Enfin, le président de l’Unaf Gilles Lanio a souligné les avancées obtenues par la ministre de l’Écologie pour la lutte contre le frelon asiatique. Elle a ainsi annoncé au cours du congrès le « vote prochain d’un décret au Conseil d’État autorisant les préfets à organiser la destruction des nids de frelons asiatiques sur leur territoire. »

Ségolène Royal a annoncé un crédit de 10 M€ pour financer des alternatives aux néonicotinoïdes