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CONSERVE DE FRUITS Saint Mamet retrouve le chemin de la rentabilité

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Ce n'est pas gagné mais le nîmois Saint Mamet, en difficulté l'année dernière, semble sur la bonne voie depuis sa reprise par Florac. Matthieu Lambeaux, le directeur général, multiplie les initiatives pour redresser l'entreprise.

« Saint Mamet retrouve la pêche en seulement six mois », déclare fièrement le directeur général Matthieu Lambeaux (ex-directeur général de Findus France), nommé par le nouvel actionnaire Florac (Marie-Jeanne Meyer) l'année dernière (Agra Alimentation du 3 septembre 2015). L'entreprise nîmoise, qui a réalisé 100 millions d'euros de chiffre d'affaires en 2015/2016, affichait en octobre-novembre 2015 « un Ebitda en retrait de 3 millions d'euros sur une base annuelle alors qu'il devrait atteindre un million d'euros fin juin », explique Matthieu Lambeaux. Toutefois, « nous ne nous estimerons sereins seulement lorsque nous serons parvenus à 4 millions d'euros d'Ebitda, un objectif que nous voulons atteindre d'ici à 18 mois », précise le directeur général. La société n'a pas de dettes mais doit financer son besoin en fonds de roulement à cause de l'activité saisonnière. Depuis les derniers mois, les ventes sont quasi stables à +2%.

Pour obtenir ces premiers résultats, Matthieu Lambeaux a mis au point un plan de redressement interne baptisé Renaissance, qui s'est traduit par plusieurs mesures : arrivée de 14 managers issus pour certains des PGC, chasse au gaspillage sur les achats et les ressources humaines (déjà 3 millions d'euros déjà obtenus), réorganisation industrielle, lancement de 40 nouveaux produits, création de trois postes de directeur commercial (GMS, RHF et MDD), motivation des arboriculteurs (150) et des salariés (400) et nouvelle communication digitale (Agra Alimentation du 10 mars 2016). 10 millions d'euros vont être investis à partir de 2017 sur le site de production de Vauvert (Gard) dans des technologies permettant de lancer de nouvelles références.

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Dans les prochains mois, Saint Mamet va multiplier les lancements de nouveaux produits en profitant de l'essor du marché de la conserve de fruits, en croissance de +3,8% en 2015 (HM et SM) et représentant un chiffre d'affaires de 125 millions d'euros (+15% en 2015). Il place beaucoup d'espoir dans sa gamme de salades de fruits en boîtes métal ou en coupelles sans sucres ajoutés (le sirop est remplacé par du jus de fruit) qui correspond à une tendance forte de consommation. « Nous estimons que les références sans sucres ajoutés peuvent représenter à terme 25% des ventes de fruits en morceaux comme c'est déjà le cas sur le marché de la compote », explique Joël Derrien, directeur marketing et développement de Saint Mamet. Les compotes, bien que le marché soit compliqué, est aussi un axe de développement en pariant sur les formats, notamment le berlingot sous licence de l'Age de glace dont la sortie du cinquième opus est prévue le 13 juillet. Pour les compotes en gourdes ou en berlingot et les salades de fruits en coupelles, Saint Mamet veut suivre le développement de la consommation hors domicile avec des mises en place dans les rayons snacking des GMS, les sandwicheries, les stations-service… tous les points de vente où il peut proposer ses produits à l'unité.

Autres tendances prises en compte par Saint Mamet : le produit local, le bio et l'agriculture raisonnée. Dans le sillage de la campagne sur les réseaux sociaux, les producteurs vont être mis en avant sur les emballages. Un papillon « en direct de nos vergers » va aussi faire son apparition pour renforcer le lien entre la marque et les arboriculteurs de la coopérative Conserve Gard (dont 90% de la production est vendue à Saint Mamet). Le bio va monter en puissance au fur et à mesure de la conversion du verger de la coopérative pour les poires, les pêches (10 tonnes en 2016) et les abricots (nouveau verger de 50 hectares). « À l'automne, une salade de fruits biologiques sera proposée », annonce Matthieu Lambeaux. Celui-ci vise notamment les attentes de la restauration scolaire qui va introduire dans les repas de plus en plus d'aliments biologiques et durables. Or, Saint Mamet estime avoir une carte à jouer sur ce marché où il est déjà bien installé.