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Apiculture Saison 2014 : sale temps pour les apiculteurs français alerte la Confédération paysanne

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La saison apicole 2014 a été « désastreuse » selon la Confédération paysanne, le 26 août. La mortalité des abeilles est une cause récurrente de la chute de la production de miel. Mais en 2014, les caprices de la météo ont largement participé à assombrir le tableau.

«D es pertes de production de 50 à 80% dans de nombreuses régions, une mortalité des ruches qui s'accélère... », s'alarme la Confédération paysanne dans un communiqué, le 26 août. La saison apicole 2014 est jugée « désastreuse » par la profession. Muriel Pascal est apicultrice dans la région du Languedoc-Roussillon depuis 2008. Depuis deux ans, sa production de miel est très inférieure à une récolte moyenne. Une année correcte, un producteur peut espérer récolter 20 kilos de miel par ruche. Mais l'apicultrice n'en récolte pas plus de 10 depuis deux ans. Son cas n'est malheureusement pas isolé. « Certains de mes collègues ont perdu jusqu'à 80% de leur production », constate amèrement Muriel Pascal. En France, toutes les régions productrices accusent un fort recul pour la saison 2014. Thierry Dolivet, responsable de la Commission apiculture à la Confédération paysanne cite le Languedoc-Roussillon, Rhône-Alpes, la Vendée, le Poitou, le Limousin, les Pyrénées.

Par temps sec, les fleurs ne contiennent pas de nectar

La mortalité des abeilles est souvent montrée du doigt pour déplorer les baisses de production du miel. Muriel Pascal témoigne : « il y a un problème récurrent de mortalité des abeilles. Mais cette année, c'est très lié à la météo ». De fait, en 2014, les caprices de la météo ont assombri le bilan annuel de production en perturbant l'activité des butineuses. Le printemps a été sec. « Dans ces conditions, les fleurs produisent peu de nectar », explique Thierry Dolivet. Dans un premier temps, les abeilles ont manqué de matière première pour produire le miel. Dans un second temps, l'été pluvieux a ralenti les allers et venues des abeilles entre les champs et les ruches et, par voie de conséquence, la fabrication du miel.

La hausse du prix français du miel, une porte ouverte aux importations

La production 2014 de miel français est d'ores et déjà annoncée en très forte baisse, selon la Confédération paysanne, le 26 août. Ce manque de volume sur le marché va provoquer une recrudescence du prix du miel. En août 2014, Muriel Pascal, apicultrice du Languedoc-Roussillon, explique qu'elle vend son miel entre 12 et 13 euros le kilo. « On est obligé de le vendre plus cher ». Pour compenser la baisse des volumes, les producteurs vont faire monter les prix. Dimitri Mourier, un jeune apiculteur de la même région, ne s'inquiète pas sur la vente de son miel : « on est en vente directe. Les gens sont au courant des difficultés rencontrés par notre profession ». Mais c'est plutôt l'accélération des importations qui pourrait survenir. « Si le prix français monte trop, les importations de miel vont probablement s'accélérer. Ca pourrait être le même phénomène que dans le textile. On n'aura plus de production en France », soutient-il.

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Survivre ou démissionner

Dans ce contexte, les apiculteurs ont moins de miel à mettre sur le marché. « Pour survivre, on ne se paie pas, on paie nos charges et c'est tout », regrette Muriel Pascal. Le ministère de l'Agriculture a mis en place le dispositif calamité apicole pour indemniser les apiculteurs en cas de mauvaises conditions météorologiques. L'apicultrice languedocienne possède 200 ruches ce qui lui permet d'être reconnue comme productrice professionnelle. En 2013, elle a ainsi pu toucher six euros par ruche d'indemnisations, son exploitation entrant dans le dispositif de calamité apicole. « Qu'est ce que je suis censée faire avec ça ? », poursuit-elle, navrée. Et pour cause, les pertes constatées sur ses ruches sont estimées à 120 euros par ruche. Même désarroi chez Dimitri Mourier, jeune apiculteur installé en Languedoc-Roussillon avec 300 ruches, qui a touché les indemnisations 2013 en 2014: « c'est vraiment dérisoire ».

Muriel Pascal a décidé de survivre, d'autres pourraient démissionner. « On ne sait pas si on continue l'année prochaine », confie Dimitri Mourier. Installé avec la dotation jeunes agriculteurs (DJA), il est censé justifier d'un Smic en 2014, cinq ans après son installation. « Ca va être limite, la production est mauvaise..., déplore-t-il, pour dégager un Smic, je fais des journées de 18 à 20 heures. C'est trop de boulot, j'ai aussi une vie de famille ».