Il aura fallu plusieurs centaines de milliers d'automobiles Volkswagen pour mettre en avant la tromperie organisée par le constructeur de voitures quant à la pollution provoquée par ses modèles. En agriculture, il n'en faut pas tant. L'association Générations futures a procédé à quelques analyses de résidus de pesticides sur 31 salades achetées dans la Somme et dans l'Oise. Aussitôt elle en tire un « rapport », citant des pourcentages de salades contenant des pesticides, sans indication s'ils sont en-deça ou au-delà des seuils de tolérance. Que cinq salades sur trente contiennent des produits incriminés, et aussitôt, une lecture rapide laisserait penser que 16% des salades sont contaminées en France. C'est justement ce que fait Le Parisien, quotidien à grand tirage et aux formules lapidaires. Celui-ci titre hâtivement, dans son édition du 22 septembre, avec des allures de scoop : « Une salade sur dix contient des produits interdits ». Et de nous abreuver d'une collection de pourcentages à faire peur. Le Parisien omet d'indiquer, évidemment, autrement que dans un encadré, que l'analyse n'a porté que sur 31 salades.

Des « rapports » de ce genre, amplifiés par une presse très avide d'informations consommateurs sensationnelles, conçus par des organisations plus ou moins représentatives (Générations futures revendique 1 000 adhérents sur son site) fleurissent. Le tort qu'elles peuvent faire à des centaines de producteurs qui font leur métier honnêtement, tous ces gens n'en ont cure.

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Dans un autre domaine, celui des sondages, l'Etat a soigneusement réglementé les modes de réalisation (échantillon représentatif, méthode d'analyse) et les règles de publication. Ne devrait-il pas faire de même avec de soi-disant études sur des produits, alimentaires ? On verrait peut-être moins fleurir ce type de salades.