L’annonce par l’administration Trump, le 2 octobre, de la mise en place de droits de douane supplémentaires à hauteur de 7,5 milliards $ (6,8 milliards €) sur des importations en provenance de l'UE, dont 4,3 milliards € sur des produits agricoles, déclenche une levée de boucliers parmi les politiques, syndicats ou encore agriculteurs à l’échelle de l’UE (1). Dans le cadre du conflit opposant Américains et Européens sur les aides accordées aux avionneurs Boeing et Airbus, ces mesures seront imposées à partir du 18 octobre sur divers produits (vin français, whisky écossais, parmesan italien, beurre irlandais, huile d’olive espagnole ou encore fromages néerlandais). Interpellée par les eurodéputés le 9 octobre, lors d’une session plénière du Parlement européen à Bruxelles, la Commission européenne a expliqué que « les représailles américaines n’étaient pas une bonne nouvelle et qu’elles toucheront durement les entreprises et les travailleurs européens ». Toutefois, elle invite l’ensemble des acteurs à éviter de « sur-réagir », ajoutant que « le plus important à l’heure actuelle est de respecter les obligations internationales ». Sur ce point, l’UE attend dès le printemps prochain le feu vert de l’OMC pour imposer également des droits de douanes sur les produits américains. Toutefois, la position privilégiée par la Commission est de rester ouverte au dialogue et de régler rapidement ce conflit à l’amiable via une solution juste et équilibrée.
Le 14 octobre, la commissaire européenne au Commerce Cécilia Malmström sera entendue à son tour dans le cadre d’une réunion exceptionnelle, par la commission de l’Agriculture du Parlement européen (Comagri) afin qu’elle précise quel sera le montant précis des pertes subies par les agriculteurs européens et, à titre compensatoire, quel pourrait être le montant de l’aide allouée aux agriculteurs afin de faire face à cette déstabilisation du marché. Le commissaire à l'Agriculture Phil Hogan fera également un point sur la situation devant les ministres de l’Agriculture de l’UE à Luxembourg à l’occasion du Conseil européen fixé le 14 octobre (2).
(1) Voir n° 3711 du 07/10/19
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(2) Voir même numéro
Les vins français seront durement touchés par les droits de douane américains
En France, les premières victimes de ces droits de douanes supplémentaires américains seront les vins tranquilles taxés à hauteur de 25 %. « C’est une mauvaise nouvelle pour le secteur », a commenté Antoine Leccia, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux (FEVS), au cours d’une conférence de presse tenue le 3 octobre. De son côté, Bernard Farges, président de la Confédération nationale des producteurs de vins et eaux-de-vie de vin à appellations d’origine contrôlées, déclare le 10 octobre que « les vins n’ont pas de raisons d’être des victimes de ce conflit. Nous sommes otages d’une négociation à laquelle nous ne participons pas ». Ajoutant que « les pouvoirs publics tendent à considérer ce dossier comme un dossier agricole, c’est réducteur. C’est un dossier économique, avec beaucoup d’implications sociales et territoriales ». Au regard d’un tel contexte, le ministre français de l’Agriculture, Didier Guillaume demande aux Européens de rester soudés. Sur Radio Classique, le 10 octobre, il indique même qu’il va présenter au conseil des ministres du 14 octobre « au nom de la France et de l’UE une demande pour que le Commission s’investisse là-dessus. Il faut qu’elle aide ses filières si les taxes doivent arriver. Sinon, ce sera la fin de beaucoup de secteurs » et notamment de la filière viticole.